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(Luciante) I love my men like I love my coffee : hot and strong.
Sam 11 Mar - 19:06


Contrairement aux idées reçues sur le principe d'ermitage artistique, j'aimais sortir. Sous certaines conditions. Car les jours de pluie me conféraient un esprit morose, les journées venteuses me poussaient à me cacher de forces plus grandes que moi, et les nuages avaient le don de me faire tout voir en gris. J'aimais, donc, me prélasser sur les pavés uniquement lorsque le soleil était au rendez-vous. Prélasser, c'est le mot juste. Je n'hésite jamais à m'allonger sur les bancs des parcs pour faire le plein de vitamine D. Il paraît que c'est essentiel pour l'organisme...
Lorsque l'envie me prenait de découvrir à nouveau les bancs de Vérone, je m'affairais à cocher sur le calendrier les dates potentielles où le soleil régnerait. C'était un pari avec moi-même. Avec une moyenne bénéfice/risque assez élevée, le jeu était de deviner mon pourcentage de bonnes réponses sur, par exemple, les trois prochaines semaines. Je pariais souvent. Avec moi, ou avec Equinoxe. Le furet gagne une ration de friandises supplémentaires quand il parvient à deviner juste la météo du jour. Mais aujourd'hui, c'était mon tour. J'avais sélectionné cette journée comme une radieuse manifestation de l'astre. Il ne restait donc à mon animal qu'une possibilité de temps mauvais. J'avais bien étudié mon coup. Impossible pour moi de perdre. A peine le volet ouvert qu'un rayon me darda la pupille. Mars, notre troisième mois, le début du printemps. Les giboulées sont bien loin, à tomber sur d'autres têtes. Et Equi, le pauvre, n'aura pas de doublon de croquettes.

A défaut de me rendre au parc, mes pieds m'ont conduit tout seuls vers des lieux qu'ils connaissaient déjà. Je sortais peu de la Citta Antica, je m'y sentais déjà comme chez moi, et je n'avais aucune intention de déménager, alors pourquoi me soucier d'ailleurs ? Certes, c'était un cœur restreint de la ville. On y trouvait, par exemple, peu d'endroits pour boire un verre moins cher que le prix de la revente d'un rein sur le marché noir. Le meilleur endroit pour dépenser sa paye du mois dans une limonade, c'était le Populus Romanus. Je ne comprenais pas comment un endroit pareil pouvait tenir plus d'une semaine. Je veux dire... Les gens devaient bien se rendre compte que c'était bien plus cher qu'ailleurs, non ? Les touristes représentaient 85, 6 % de leur chiffre d'affaires. Le reste, ce devait être les gens comme moi qui, en dépit de l'arnaque sur pattes qu'était cette bicoque, se rinçaient allègrement la gorge sans vergogne. On était pas beaucoup à prendre l'endroit pour ce qu'il était : un lieu qui disposait d'une large terrasse pour observer les gens passer en sirotant un chocolat au goût de produit vaisselle. Non, en fait, c'était moins bon que ça.
Pourtant, je revenais de temps à autre pour m'adonner à cette activité. Protégé par la foule, assis confortablement sur une chaise d'osier, je les regardais. Eux. Les autres, les mamans pressées, les petites filles qui hurlent pour une nouvelle poupée, les garçons en skate board, les salary men plus amoureux de leur téléphone que de leur entourage. Y'a aussi les vieux. Les versions fripées d'anciens rêves qui se balancent au bout d'une corde. Y'a les bébés geignards qui ne savent encore rien de ce que le monde réserve. Au final, dans toute cette beauté humaine, y'a vraiment que les chiens et les pigeons qui demeurent un mystère. Le reste... ça se devine malheureusement trop facilement.
Par contre, faut croire que je devais pas rester là ce jour-là. J'sais pas. Un signe du destin, quelque chose d'inéluctable, a bloqué mon intuition le temps de quelques minutes. Plus qu'il n'en faut pour qu'une large tâche apparaisse sur ma chemise. Perdu dans la fumée de ma cigarette, j'ai rien vu venir. C'était vaguement chaud. J'avais une résistance étrange à ce genre de chose, la chaleur, le froid. D'autres que moi auraient bondi, je le sais. Je pense que les piques de Morphine pendant ma trentaine ont aidé à développer cette tolérance. C'est pratique... Mais ça fait peur. « Oh… Mais... noooooooon. » Bah, oui, je geins. C'est pas très juste, là. « Ma chemise toute propre... ils vont râler au lavomatic, je viens d'y aller... ils aiment pas quand je reviens tout les quatre matins... Dites, puisque c'est votre faute, si je vous la donne, vous pouvez aller la laver pour m- »
Non, c'est pas l'impolitesse qui m'a stoppé dans ma phrase. C'est encore moins l'incohérence des mes propos. Non, c'est quelque chose de plus important que tout ça. Mes yeux se lèvent et fixent ceux de ce type qui m'a renversé du café dessus.
Je sais pas quoi penser.
Le passé fait sa diva, là.

C'est là que mon corps choisit de réagir comme il faut. Il sursaute, se redresse, fixe davantage l'autre homme. Cet homme que je connais. Que j'ai connu. Dans d'autres vies, différentes de celles-ci. J'peux plus rien dire. J'suis bloqué dans la spirale des dimensions. Là, en trois secondes, j'ai perdu trente longues années. Et je ne m'en sens pas fier.
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Re: (Luciante) I love my men like I love my coffee : hot and strong.
Sam 18 Mar - 14:23


C’est se foutre de la gueule du monde.
Quel toupet, franchement.
Et dire qu’on paie des impôts pour subir ensuite ce genre de revers.
C’est comme une trahison, pour Lucio.
Un poignard planté sauvagement dans son dos.
Il fulmine un peu à chaque seconde écoulée.
Il est impuissant face à un tel désastre.
Non mais franchement, ils se prennent pour qui, ces pauvres types de la fourrière ?
‘Blablabla vous êtes stationné sur une place handicapée blablabla mise en arrêt du véhicule blablabla payer un bras et trois reins pour récupérer votre merveille sur quatre roues blabla’
Mon cul oui.
Faire subir un sort pareil à Ludmila, c’est vraiment ne pas avoir de coeur.
La pauvre titine, toute rutilante et jaune canari, n’a rien demandé, elle.
Elle est délicate comme une jonquille, aussi éblouissante qu’un rayon de soleil.
Elle ronronne même comme un chaton de trois jours.
C’est dire si elle compte pour lui cette fabuleuse petite voiture.
Sa petite cabriolet sport spider.
Sa Fiat 124 convertible.
Son petit tournesol d’un autre temps, un peu rouillé.
Son premier bébé qu’il avait gardé précieusement dans son garage.
Il utilise peut-être dix fois sa voiture dans l’année, Lucio.
Et là, c’était sa toute première sortie.
Parce qu’il faisait beau, que les oiseaux gazouillaient et qu’il avait une terrible envie de tarte au citron meringuée.
Et puis, la place handicapé, ça va, y a pas mort d’homme. Il a pas fait attention, c’est tout.
Il a la vue qui a baissé, le petit.
Puis, bon, c’était plus qu’une question de temps, jusqu’à ce qu’il ait lui-même sa petite carte de personne à mobilité réduite.
En attendant, on a kidnappé son petit bijou.
La seule solution, c’est de ramper jusqu’à la fourrière ou au mieux, jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche, pour allonger ce qu’il faut avant qu’il ne la perde pour toujours, son trésor de carrosserie.
Il soupire à chaque pas.
C’est pas son jour, qu’il pense.
Il doit être maudit.
Déjà que ce matin-ci, il s’est pris Manuele un coin de table dans le travers de côtes. Et qu’il a manqué de perdre la vue définitivement à cause d’un shampooing DOP senteur caramel mou. Et que, pour couronner le tout, comme si tout ça n’était pas suffisant, voilà maintenant que ses lacets sont défaits.
Il peste contre Jupiter et ses acolytes et s’accroupie dans un craquement d’os pour resserrer ses chaussures.
Sauf que, quand il se relève, il fait pas vraiment gaffe.
Et il télescope quelqu’un, sans le vouloir. Il sent juste l’odeur du café qui se répand et il passe une paume sur son torse pour dégager les quelques gouttes de l’arabica qui ont été projeté sur sa tendre veste en tweed. Il écume les taches et la rage pendant que l’autre se plaint tranquillement.
- Oui, pardon, je faisais pas attention, ça va.
Lucio, il joue pas au mec le plus agréable et facile à vivre de tout Vérone là. Mais faut comprendre. Il est traumatisé. On vient de lui arracher son pare-choc, son huile moteur et ses pneus michelin.
- C’est bon, je m’occuperais de votre chemise au pressing.
Il balaie l’information d’une main, il s’en fout un peu. Il veut juste se rendre au plus vite de A à B, récupérer son bolide et continuer à faire semblant de vivre tranquillement. Mais l’autre ne l’entends pas de cet avis visiblement. Alors il le regarde un peu mieux, Lucio. Il lui dit quelque chose. Il lui rappelle quelqu’un, mais il a l’esprit trop embrumé pour réfléchir clairement. Tout ce qu’il sait faire, c’est ruminer.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’y a ? J’ai une tronche de tueur en série ou quoi ?
C’est vraiment pas son jour, à Lucio.
Et en plus, il a même pas pu l’acheter, sa tarte au citron meringuée.
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Re: (Luciante) I love my men like I love my coffee : hot and strong.
Sam 18 Mar - 20:01


Il est beau.

Oui, c'est pas constructif. Ça n'a rien d'objectif, mais ces retrouvailles improvisées, elles le sont pas du tout. C'est le fruit du hasard et du destin bancal, ils dansent tout les deux la rumba sur mes souvenirs, et ils en ont extrait le plus marquant. Le plus doux, aussi. Le cocon humain, la clé au creux des bras où je me sentais si bien. On était tellement jeunes. Ces moments, ils appartiennent à d'autres réalités, plus innocentes pour certains. Il voyait rien. Je lui en voulais pas. Comment j'aurais pu ? J'voulais tellement l'épargner. De toutes ces choses compliquées que j'arrivais même pas à définir, pour tout avouer.

Tout ça, c'était bien avant.
Bien avant qu'on soit des regrets.

J'suis planté comme un frêle piquet, la tâche bien en évidence sur le poitrail, qui grandit, grandit au fur et à mesure qu'elle grignote le tissu blanc. J'ai l'air plus gauche que le pire des maladroits, j'crois que j'suis pas là, que je voudrais être ailleurs, super loin de ce moment gênant. Gênant pour moi, seulement.
Évidemment.
Il me reconnait pas. C'était couru. De nous deux, c'est moi qui ai le plus changé. C'est pas franchement une surprise.
Il a l'air pourtant différent. Je suppose qu'en trente ans, les choses changent, l'humain aussi, mais au fond, on reste les mêmes. J'suis encore un prototype de sa petite-amie de dix-sept piges quand lui arpenta it fièrement les jalons de l'université. On avait un côté fleur bleue, à butiner, gosses de beaux quartiers, ensemble, on croyait à « Toujours » sans sourciller.

Fallait que ça implose.

Aujourd'hui, c'est étrange. Lucio semble en colère. Il a des massues à la place des yeux, on dirait qu'il veut frapper le monde entier avec un marteau géant comme un méchant de cartoon. Ses traits ont beau avoir été altéré avec le temps, il subsiste l'étincelle de sa jeunesse, même à travers l'agacement. Ses répliques jaillissent comme des couteaux lancés sur une cible, j'en aurais presque peur.
J'pense que c'est pas le jour pour croiser nos passés communs. Mais j'en ai rien à faire, je ne peux pas le laisser partir, peu importe ce que je dois inventer pour le garder, quelques minutes encore, même juste quelques secondes.
- Ah, ben, non. Pas vraiment tueur en série. En fait, vous faites plus jeune premier vieillissant. Quoiqu'on pourrait imaginer un jeune premier dans ce rôle... Mais quoiqu'il en soit c'est joli... très joli.
Ok, j'marche déjà plus droit sur le fil de mes pensées. Si je m'écoutais trop, j'me casserai la tronche, j'serais le pire des funambules de l'esprit. Mais c'est pas trop ma faute. Ça s'entremêle de partout, j'pense plus droit.
Ça me rappelle l'élevage de papillons dans le bide que j'avais quand je le voyais, autrefois. La nuée recommence à me taper la bise, comme au bon vieux temps.
Un regard vers le café renversé, et je ris. Y'a plus grave. Bien plus.
- C'est pas grave pour la tâche... c'est pas mal les chemises brunes. Sans le côté nazi par contre, moi je préfère des teintes plus chocolat, mais le café, c'est bien aussi.
Je dis. N'importe. Quoi.
C'est presque marrant. J'ai encore rien bu, rien fumé, et j'suis déjà là-haut, tout là-haut. C'est comme si je jouais un rôle. Je le vouvoie là où je voudrais sauter dans ses bras. Je fais mine de le rencontrer pour la première fois, là où je voudrais juste lui hurler mon nouveau prénom. Mais je fais le choix, peut-être un peu idiot, de mentir. J'essaie, à tâtons, d'approcher son nouveau cœur.
- En fait... Je crois que je vous connais. Vous êtes... Moretti, non ? 'Fin, je crois. Pardon si je me trompe. J'suis pas hyper bon dans tout ce qui concerne les noms.
J'suis pas hyper bon tout court mais ça j'évite de le dire.
Jouons, ensemble, cette carte qu'on ressort d'un vieux tiroir poussiéreux. Un visage perdu dans le temps, une enveloppe de jadis.

- C'est Cleia Volturno. Elle m'a beaucoup parlé de vous. En bien, j'vous rassure.  

Tant de bien... C'est peu dire. Elle n'a pas arrêté. Chaque jour, celle-là, à me rabattre les oreilles de son Lulu. Elle regrette tellement de l'avoir quitté. J'crois que c'est l'un de ses seuls vrais regrets.
Me rasseyant, je l'invite à faire de même. La clope au bec, je me souviens qu'il faut la finir avant qu'elle ne cendre le sol.
- Je vous offre un truc, allez. Commandez n'importe quoi. Vous avez l'air tendu... Un nouveau café, ou même un banana split, ça vous dirait ?

Faut que je le retienne. Parler, encore.
Sors plus de ma vie, Lucio, je t'en prie.
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Re: (Luciante) I love my men like I love my coffee : hot and strong.
Dim 26 Mar - 11:57


Il est un peu désemparé, Lucio.
C’est pas comme ça, d’habitude.
Quand il fait le gamin bougon, les gens froncent les sourcils, marmonnent un truc ou deux et le laisse en paix.
Mais pas lui.
Pas ce type bizarre à la voix aussi lente que ses réactions.
Il peut pas s’empêcher de lui attribuer une tête de paresseux. L’air un peu béat, qui cligne des yeux lentement, lentement, lentement.
Avant de se perdre dans des babillages dont le professeur ne comprend même pas le sens.
Il pensait pas trouver quelqu’un comme ça, Lucio.
Quelqu’un qui arrive à s’emmêler les pinceaux dans ses propres pattes encore plus que lui. Faut dire qu’il en tenait déjà une sacré couches, avec sa gaucherie dans le geste et la parole, et ses contrepèteries involontaires.
Et pourtant.
Pourtant, l’inconnu face à lui réalise une performance sans appel, jonglant avec les mots avec tant de brio que ça en devenait un capharnaüm indéchiffrable.
Il avait rêvé ou il parlait des nazis ? Il se serait pas intercalé avec un facho sous opium tout de même ? Il a pas vraiment fait gaffe au reste de la conversation à sens unique faut dire. Il était plutôt préoccupé à regarder.
C’est qu’il avait une gueule familière, ce type.
Quelque chose dans les yeux, qui lui rappelait quelqu’un. Ou peut-être dans la hauteur des pommettes saillantes, ou le long de l’arrête du nez.
Un sacré pif, d’ailleurs, comme il en avait vu très peu dans sa vie.
Mais il pouvait pas trop s’en détaché. Il devait avoir l’air assez absent, comme ça, à essayer de se remémorer. C’est pareil à cette sensation agaçante de l’avoir sur le bout de la langue. Il sait, il sait qu’il sait. Mais il sait surtout qu’il arrive pas à l’atteindre. C’est comme une route barrée, une zone qu’il a pas encore débloquée. Y a l’odeur âcre de relents de souvenirs qui essaie de se frayer un chemin jusqu’à son âme. Le bruissement du vent dans les bruyères, les embruns qui fouettent les narines, les rayons du soleil sur la peau. Il se perd un peu, à essayer de comprendre.
Mais il y arrive pas.
Et c’est le moment que choisi l’autre pour l’appeler par son prénom.
Donc, c’était pas une fausse impression, ils se connaissent ?
Interloqué, Lucio, il continue à se taire, et il fronce les sourcils, pour inciter l’autre à s’expliquer.
Et s’expliquer vite, si possible, parce que Ludmila, elle attend toujours dans l’antre démoniaque de la fourrière de Vérone.

Et puis,
Comme d’une balle en plein coeur,
Il a suffit de deux mots pour l’achever.
Cleia Volturno.

Il sent son coeur qui s’arrête net. Ça fait des années, des millénaires, même, qu’il avait pas entendu ce prénom. Ce prénom si doux qui roucoulait toujours à ses tympans, comme le glissement de la soie, comme le scintillement d’un carillon. Cleia Volturno.
Quelque part au fond de lui, y a son coeur qui se sert et les écluses qui se rouvrent. Y a flopée de souvenirs qui remontent à la surface pour l’engloutir. Il fait les gros yeux, il cache ses mains dans son dos pour mieux les pincer à l’abris des regards.
Et puis il se surprend à regarder de droite à gauche.
Si ça se trouve, elle est là, pas loin.
- Oui, ahem, c’est bien ça, Moretti. Lucio Moretti, enchanté.
Toute la rage sourde qu’il gardait auparavant pour le sacrilège automobile s’était éteinte, muée en un mélange d’étonnement et d’impatience. Il avait l’impression d’avoir à nouveau cinq ans la veille de Noël.
- Et vous êtes ?
Maintenant qu’il y pensait, c’est vrai que y avait un truc, dans les traits du visage. Peut-être un cousin. Il se rappelle pas qu’elle est eut un frère.
- C’est gentil, mais…
Plus il voit les secondes et les mots qui partent, plus il se dit que sa titine devra attendre encore plus longtemps. Il se sent presque mal, à la faire moisir au milieu d’autres carcasses rouillées. Mais finalement, la curiosité l’emporte. Il peut pas laisser le destin lui filer entre les doigts une deuxième fois.
- Mais c’est moi qui invite. C’est ma faute, pour la chemise.
Il s’assied, tranquillement, et il fait un signe au serveur. Il vient presque jamais dans ce café là. C’est exorbitant, le prix pratiqué pour un pauvre expresso. Mais il en commande quand même un. Et avant que le garçon de café ne disparaisse dans la masse de touriste, il le retient quelques secondes encore.

- Va pour un banana split, alors. Mais avec menthe, coco et melon, s’il vous plaît.

Le jeune homme l’interroge du regard, comme pour confirmer. Y a que Lucio pour commander une triade pareille. Mais c’était comme ça depuis gamin.
- Vous, vous êtes de Vérone alors ? Ou vous êtes simplement de passage ?
Il voulait lui poser plus de mille questions. Comment connaissez-vous Cleia ? Depuis quand ? Ou l’avez-vous rencontrée ? Comment va-t-elle ? Que fait-elle ? Porte-elle encore cette paire terriblement laide de sarouel à motif éléphants venue de Thaïlande ?
Mais il s’est calmé, un peu. Faudrait pas faire peur tout de suite.

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