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You look so fancy, sis ! [ft. Ambrosia] [FlashBack]
Mer 1 Fév - 0:34


Faut pas croire. Je passais pas mon temps à errer de fleurs en fleurs, ou de robes en robes. J'avais aussi une vie en dehors des paillettes et des azalées, et cette existence, j'avais envie de la combler d'un art particulier. Un hobby des plus méritants, demandant une implication constante et un grand sens du détail : l'intimidant Shopping, l'ennemi juré pour tout porte-monnaie frileux de se faire vider à sec. Le mien ? Il était en train de rédiger son testament à l'idée que je passais toute l'après-midi avec en solitaire, à revêtir ma panoplie de chasseur émérite de nouvelles tendance en matière de maquillage. Les bras déjà lourds de vêtements, c'était d'un pas décidé que j'arpentais les rayons d'une grande enseigne locale, errant sans honte, chignon au vent, à la recherche du mascara le plus résistant pour le show de mercredi prochain. Le dernier en date avait eu la bonne idée de couler en fin de représentation, ce qui me valut quelques remarques en loge de la part de Remo, le patron.
Derrière les binocles fumés de mes lunettes de soleil, je me sentais invincible dans ce monde outrageusement codé de féminin et peuplé à ras-bords de mes congénères féminines. Protégé par mon armure de verre, les regards ne m'atteignaient pas. Ou très peu. Disons plutôt que je les ignorais avec peine...

Mais la pêche s'avéra meilleure que ce que je l'aurais cru. C'est d'une gaieté sans nom que je me dirigeais vers les caisses, le cœur léger à l'idée de tester ce fameux sauveur d'yeux de panda, mais aussi un nouveau rouge à lèvres cerise, une poudre de soleil matifiante, une palettes d'ombres à paupières bleu lagon et, évidemment, la totalité des vernis. Le prix de toutes ces merveilles n'ôta pas le moins du monde mon sourire, et je m'empressais de rentrer à la maison pour, déjà, prendre un bain. Cette activité était presque aussi éreintante que les heures que je passais en salle de sport, alors... un peu de repos n'allait pas me faire du mal.

Grimpant les escaliers quatre à quatre, c'est haletant que j'arrivais sur le pas de la porte. Le temps pour trouver mes clefs me parût particulièrement long, surtout que je dû les chercher parmi la douzaine de sacs de magasins que je trimbalais un peu partout et que j'avais hâte de poser. Dans mon salon. Avec mon diffuseur d'huiles essentielles et le chat ronronnant sur les coussins...
La rêverie éloignée, les clefs retrouvées, il n'y avait plus que la porte pour me séparer de mon paradis personnel.
Paradis envahi, surtout.
A peine les clefs enfoncées que je trouvais la porte ouverte. Et la peur me prit, nouant ma gorge et me poussant à frémir. Un cambriolage ? En pleine journée ? Sans traces d'effraction ?... Pas vraiment le temps de réfléchir, j'entrais en trombe, tentant une forme d'intimidation. « Qui que vous soyez, sortez de chez... » Surprise. « … moi ?! »
Je la fixais, assise sur le canapé, la bouche en cœur et les cheveux colorés, emmêlés. Sans vraiment y croire, pourtant... Des années que je ne l'avais pas revue en chair et en os.
« S... Soeurette... ? Ambrosia ?! »
Ni une, ni deux, mes proies capturées en magasin passaient au second plan. Lâchant mon butin, je me précipitais vers elle, un sourire placardé sur ma face de benêt bien heureux. Qu'elle avait changé... Je ne la reconnaissais presque pas. Mais c'était elle, à n'en pas douter. Ma chère petite sœur... « M-Mais qu'est-ce que tu fais là ?! T'es pas à Rome ?! T'es en vacances, c'est ça ! Et pourquoi tu m'as pas prévenu que tu venais !? Et... comment t'es entrée d'abord ?! Oh la la... si j'avais sû que tu venais, j'aurais fais un brin de ménage... »
Candle miaulait d'approbation sur le canapé, entre une pile de magazines et un coussin duveteux. Mais moi, je n'avais d'yeux que pour mon invitée surprise. « T'es toute belle... ! »

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Re: You look so fancy, sis ! [ft. Ambrosia] [FlashBack]
Ven 3 Fév - 1:46




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T
rouver son chemin n’avait pas été de la plus grande simplicité. En arrivant à la gare de Vérone et avec pour seul bagage son énorme sac à dos, Ambrosia s’était sentie perdue et si petite dans cette cité. Et, dire qu’elle était fatiguée était un doux euphémisme : la gamine avait parcouru l’Europe avec ses économies, rejoignant un moment son autre ainé, se cherchant et faisant le deuil d’une vie dont elle ne voulait plus. Rentrer chez ses parents avait été inenvisageable et leur avouer qu’elle laissait derrière elle ses études, ah ! Elle n’était pas prête. Ce devait être pire que de faire son coming-out et la dernière tentative n’avait rien pour rassurer la Renaldi. Alors, finalement, venir trouver l’ainé de la fratrie avait été la solution la plus logique. Et puis, ça faisait des lustres qu’elle ne l’avait pas vu, alors merde.

Enfin arrivée à l’adresse qu’elle avait soutirée à l’un de ses cadets et regardant la porte qui la séparait – le pensait-elle alors – d’Isidore, elle frappa et attendit. Elle attendit encore… Encore, et encore avant de se rendre à l ‘évidence : l’autre abruti n’était pas là. AH ! Elle qui rêvait d’un lit, d’une sieste, d’une douche et de BOUFFE (dans n’importe quel ordre, OUI !), elle ne se voyait absolument pas rester dans le couloir pendant Dieu sait combien de temps. Alors, elle puisa dans les dernières forces qu’elle avait : elle réfléchit. Si son frère n’avait pas changé et s’il était toujours aussi prévoyant – ou gogol, au choix – il devait avoir caché une clé quelque part. Et, mis à part un paillasson et un luminaire, il n’y avait pas grand-chose dans ce couloir pour planquer quoique ce soit, à part de la poussière. Jetant un coup d’œil – enfin, elle avait essayé – dans le socle de la lumière, Ambrosia souleva finalement le paillasson pour inspecter ce qu’il y avait en dessous. Elle remarqua un jeu, un interstice entre deux planches et fouilla dans son sac pour arriver à soulever au moins l’une des planches. Elle trainait toujours une petite aiguille à tricoter – fort pratique, pour faire peur, se défendre ou juste se prendre pour Hermione Granger - qu’elle fourra dans entre les pans de bois. Bingo, l’une des planches se laissa soulever sans broncher – la cochonne – et la jeune cendrée y trouva là son Saint Graal : le laisser-passer pour l’antre secrète de son armoire à glace de frangin. Oui, oui, elle allait enfin pouvoir se vautrer dans son pyjama.

Elle entra sans encombre dans un salon relativement rangé, et laissa son sac à dos dans un coin, bien heureuse de ne plus avoir à le laisser martyriser ses épaules. Tout ressemblait à son frère, dans cet appartement, tout, TOUT, même la boule de poils qui daigna ouvrir les yeux, bailler et l’observer un instant. Son frère, une folle à chats ? Si Ambrosia n’avait pas été si naze, elle aurait sûrement hurlé de rire. Pourtant, elle se contenta de se foutre à poils pour aller emprunter la salle de bain. Une douche. C’était nécessaire, vital, même. Elle profita de la chaleur de l’eau avant de se sécher avec la première serviette venue et de se foutre en PJ’s. Maintenant, il fallait attendre l’autre montagne… Ah, elle s’occuperait du chat, tiens !

Le rejoignant sur le canapé, elle lui grattait les oreilles et le chatouillait, cherchant du regard de quoi jouer avec. Un sachet, tiens, tiens… Il n’en fallu pas plus pour répandre un peu de son contenu par terre et observer, ahurie, la métamorphose du chat : le catnip le rendait fou et Ambrosia voulait être folle avec lui. Il lui sembla alors tout à fait logique de se rouler par terre avec, de « miauler » avec lui et de se frotter la gueule contre celle de ce matou. Elle avait fait toues les positions du Kama-Sutra en solo – ou de Yoga ? – sur le canapé et par terre et commençait à trouver le temps long et le silence assourdissant. Elle aurait pourtant pu rester des heures ainsi – jusqu’à s’endormir, sûrement ! – mais des pas se firent enfin entendre, dans le couloir. Le chat reprit sa place et la jeune Renaldi se rassit sur le canapé, prête à accueillir son frère si s’était l__

L’air abruti de son frère – presque aussi abruti que le chat – lui arracha un rire de bidauchon, venu de ses entrailles et elle ne put s’empêcher de rouler un peu sur le sofa. Isidore, se montrer menaçant ? AH ! Sa tentative manquait de conviction. Elle n’eut alors pas le temps de le voir se jeter sur elle et elle se retrouva, là, comme à ses 10 ans : petite mais bien protégée, lovée dans les bras de son frère. Elle savourait leur étreinte, écoutant les questions qui fusaient maintenant. « … J’ai faim. » Voilà. C’était tout ce qu’elle avait à dire, pour le moment. Hé, non, tout compte fait. Autant balancer la sauce en une fois, non ? « J’ai quitté Rome, lâché mes études, j’ai pas prévenu les parents, y’avait ta clé sous le paillasson. » Elle avait caché son visage entre les pecs musclés – wait, il avait plus de seins qu’elle, limite ! – comme pour étouffer ses révélations.  

Enfin, elle soupira et se détachait de lui pour se rassoir, jetant alors un coup d’œil aux sacs par terre. « On en parle plus tard, non ? Enfin, genre…  Genre quand j’aurai bouffé. Tu sais que je déteste parler le ventre vide. » Elle souriait, reprenant la boule de poils sur ses genoux. « Il est mignon. Je pourrai lui teindre les poils ? On sera beaux, lui et moi, avec nos colo’ assorties. » Elle lui lança le sourire le plus cute qu’elle connaisse, celui qui le faisait craquer, quand ils étaient plus jeunes. « Ah, et toi, t’as un truc à me dire ou bien ? » Elle pointa les sacs du doigts et haussa un sourcil. « Soit t’as décidé de faire plaisir à papa et d’avoir une meuf, soit ce maquillage n’est PAS pour une femme. » Elle grattouillait le ventre de la boule, un peu comme le méchant, dans Inspecteur Gadgets, et souriait comme une débile, signature caractéristique et charmante des Renaldis.
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Re: You look so fancy, sis ! [ft. Ambrosia] [FlashBack]
Mar 7 Fév - 23:51


Au même titre que tout mes frères et sœurs, Ambrosia était une des personnes qui comptait le plus à mes yeux. Je n'avais, avec ces membres-ci des Renaldi, que de magnifiques souvenirs. On ne pouvait pas dire que je souffrais vraiment de la distance. La magie de la technologie me permettait de rester en contact avec eux aussi souvent que possible. Il n'y avait rien de plus agréable que tout connaître de leurs escapades, leurs rencontres, leurs soucis, aussi, qu'ils me confiaient parfois. Raffelo, mon cadet le plus proche, avait décidé de rompre cette séparation quand sa petite amie, elle, décida de rompre tout lien avec lui. Les frères, ça sait s'épauler durant les coups durs. Ça ne souffre plus autant quand ça délègue la peine. Et ça me faisait terriblement plaisir de le savoir dans le coin.
Amby, elle, c'était un peu différent. Les mois pouvaient s'écouler sans que je ne sache rien d'autre que « je poursuis mes études, et tout va bien. » Elle avait toujours été d'un naturel plus sérieux que nous autres, à se camper comme cerveau familial, à l'intellect développé et aux notes frôlant la perfection. Elle avait cette notion de réussite comme aucun d'entre nous, ce qui me donnait l'envie de la laisser se concentrer davantage sur ses études plutôt que de l'ennuyer avec ma propre petite vie à Vérone. Mais, fort de cette résolution, avec le temps... on se parlait de moins en moins. Des jours de silence qui s'étiraient longuement entre nous. Je prétendais ne pas en souffrir. Je me disais que c'était pour le mieux. Qu'elle reviendrait vers moi pendant une période de creux.
Je ne m'attendais pas à de telles révélations.
La gardant tout contre mon cœur, je m'évertuais de rattraper, par contact, ces heures d'absences virtuelles. Si j'avais su qu'elle avait tout abandonné, je me serais plié en quatre pour la soutenir. Il y avait forcément une raison. Amby, malgré tout, c'était une sorte de modèle. La fille rêvée pour des parents exigeants. J'avais de l'admiration pour sa ténacité. Elle réussissait dans des domaines où j'ignorais tout. Alors... apprendre qu'elle s'était résolue à changer du tout au tout... il devait forcément y avoir une explication. « Tu... hein ? » C'est tellement incongru que je n'arrive pas vraiment à y croire. J'aspire les infos sans parvenir à les associer à l'image que j'ai de ma petite sœur. Soudainement, je la détaille davantage : c'est bien elle, un peu alternée. Il n'y a pas que ses cheveux. C'est un tout. Je la connais suffisamment pour le deviner. Quelque chose a changé chez elle. « Mais que... hein ?! T'es sérieuse là ? Oh bon sang... Bon. Respirons, restons calme... Au moins, t'es là, je vais pouvoir te surveiller un peu... » Mes instincts d'aîné me trahissent. A l'instant où elle m'annonce tout ça, je perds pied. Moi qui pensait qu'elle n'était là que pour me rendre visite...
Je passe une main sur mon visage, soupirant. Elle veut remettre à plus tard la conversation, mais c'est un non ferme et précis que je lui lance du regard. Sa remarque sur Candle me déstabilise pourtant. « Euh... non. Tu laisses ses poils tranquilles et tu m'expliques ce qui se passe, Ambrosia. » Je ne reconnais pas cette soudaine autorité. C'est l’inquiétude qui guide mes mots, sans que je ne puisse l'expliquer. Avec mes frères et sœurs, je remplis ma fonction sans hésitation.
Pourtant, je me dérobe. Dés lors qu'elle mentionne mes achats. Amby a beau me connaître... peut-être faut-il que je garde encore pour certaines choses. « … Ah. Euh. C'est rien ! » J'hésite, je patauge. « … Donc, tu as faim, hein ? Je vais te réchauffer de la pizza ! Viens !! » Presque brusque, je la tire vers la cuisine, ne serait-ce que pour l'éloigner de mes petits secrets. La calzone dans le micro-onde, je me mets à réfléchir à la marche à suivre. « … Amby. C'est vrai, tout ça ? Tu as vraiment tout laissé tomber ? » C'est, décidément, un peu le monde qui s'effondre.

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Re: You look so fancy, sis ! [ft. Ambrosia] [FlashBack]
Lun 6 Mar - 17:52


@Ambrosia Renaldi a écrit:


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A
mbrosia connaissait assez son frère ainé pour savoir qu’il devait faire tourner ses méninges à toute vitesse, à cet instant précis. Oh, elle savait pertinemment qu’elle n’allait pas couper à la conversation qu’il ne lui tardait pas du tout d’avoir, aussi, mais elle priait pour qu’il lui laisse le temps, juste assez de temps, pour se poser, trouver ses mots et pour éviter de tout lui balancer dans la tronche comme l’éjaculation mal contrôlée d’un putain de précoce. Et elle le regardait reprendre ses esprits, s’exhorter au calme comme une mégère tente de calmer ses bouffées de chaleur alors que la ménopause s’éclate et fait la nouba sous ses aisselles. Ah ! Il avait l’air tellement gay, tellement tafiole dans ce genre de moments là et la gamine ne put réprimer un sourire qu’elle cacha sous une main aux ongles vernis. « Hu ? Me surveiller ? J’ai plus quatre ans, Zizi… Mais, ouais, au moins, je suis là et ça fait vraiment du bien de te retrouver… » Elle souriait, tenant un peu plus Candle contre elle et enfouissant son visage dans les poils de son ventre avant de le laisser partir. Elle se relèva alors, son ventre la guidant alors qu’elle venait d’entendre le mot « pizza ». ARG ! S’il y avait bien une façon d’acheter la gamine, c’était bien avec de la bouffe et Zizi ne semblait pas l’avoir oublié. Qu’à cela ne tienne, elle dirait tout, absolument tout à son frère dès lors qu’elle aurait le ventre plein. Ou au moins un tout petit peu plus plein qu’à l’heure actuelle. Elle ne tiendrait pas de toute façon : elle détestait cacher des choses à son ainé et ça, tout le monde le savait bien…

Passant bien malgré elle devant les sacs au sol, Ambrosia se promit d’y jeter un œil, plus tard, quand son frangin aurait le dos tourné. Et déjà, elle a le regard rivé sur le micro-onde où dansait la calzone qui ne tarderait pas à trouver sa place dans son petit bidou de moineau affamé. La cendrée écoutait Isidore d’une oreille distraite, soupirant finalement et se résignant à lui expliquer pourquoi, dans un sursaut un peu désespéré et irrationnel, elle avait voulu retrouver ceux qu’elle aimait. « Hm… Tu sais, Carl ? Je sais pas si je t’en avais parlé… Mais bref. C’était un peu mon Clide, et j’étais sa Bonnie, tu vois ? Deux nerds ensemble, deux rats de bibliothèque. » Le micro-onde sonna la fin de son tour de manège et Ambrosia n’attendit pas son reste et se servit, laissant son frère dans le suspense un court instant. « Bah… Il était parti voir ses parents. Il allait revenir de sa putain de campagne… On devait réviser notre examen pour le lendemain. On bossait tellement bien ensemble… On aurait dit qu’on avait un cerveau pour deux, enfin, qu’on avait le même, quoi. C’est un peu con, dis comme ça… Mais bref. » Elle se perdait dans ses lignes, perdait le fil de sa pensée, alors qu’elle avait les yeux rivés sur un points qui n’existait pas, ou dans un souvenir qui lui était trop frais. « Il n’est jamais arrivé au campus. Son père m’a appelée le lendemain. Après l’examen. J’étais inquiète, mais, je sais pas… J’me disais qu’il avait du rester chez ses parents une nuit de plus, tu vois ? Et puis, non… Son père m’a dit qu’il était mort. Accident de voiture. Il m’avait appelée après l’exam’ pour pas que je le foire, tu t’rends compte ? » Elle le regardait, les lèvres étirées en un sourire triste, les yeux rougis par des larmes qu’elle s’interdisait de lasser couler. « Mais je pouvais pas rester. J’pouvais plus. Il n’avait rien fait de sa vie à part étudier, moi non plus, et j’pouvais pas, tu comprends ? Imagine demain je meurs mais j’ai rien vécu ? T’imagines pas comment ça m’fait flipper de ne rien voir à part des livres, dans ma vie, ça m’fait flipper, ça m’a foutu les boules, alors chuis partie. J’dois vivre. J’ai jamais rien fait de ma vie, avant. Ça a quel goût, la téquila ? Y’a quoi dans un sex-shop ? Putain, ça fait des années que je suis pas allée au ciné ! » Elle retrouvait son entrain, ses larmes depuis longtemps enterrées. « Alors, j’veux vivre. Comme toi. J’veux qu’tu m’apprennes à vivre, et à apprécier les choses, simple ou moins simples, de la vie. » Voilà. Voilà…

Elle n’avait plus rien à ajouter, en soi, alors elle mordit dans sa pizza, maugréant très rapidement. « Ah pchain ‘é chaaaaaaau ! » Elle retourna dans le salon, se rasseyant. Elle avait peur d’avoir plomber l’atmosphère, mais il fallait bien passer par là. Mais, mais ! C’était bien mal la connaître de croire qu’elle allait en rester là. Elle avala sa bouchée et réattaqua la calzone comme si sa vie était en jeu ou comme un dalleux sautait sur la première pouffiasse trouvée. « Hey, fais pas chenre, ch’quoi tout cha ? Che chais que ché du maquillache...  » Elle engloutit une bonne partie de la pizza avant de regarder ses mains. « T’as du vernis, le mien est écaillé, faudrait que je m’le refasse. » C’était du Ambrosia tout craché, ça. Elle refusait de se laisser abattre, elle refusait de se morfondre trop longtemps sur des « conneries » Et puis, maintenant qu’elle était là, elle mettrait un point d’honneur à faire chier son frangin. « Dis-moi, tu prépares des concours de naturiste ? T’as plus de muscles que la dernière fois, faudrait pas que t’exploses si un jour tu pètes trop fort, hein. » Elle pouffa de rire, comme une abrutie, et ça lui faisait du bien. Du rire et d’la pizza, ouais… Elle pouvait carrément vivre de ça, putain.
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