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it's shit o'clock cleante
Dim 12 Mar - 13:03


La buée est tellement épaisse qu’elle n’y voit pas à plus d’un mètre devant elle. Mais clairement ce n’est pas le plus important. La musique vibre contre le miroir qui surmonte le lavabo et la petite fenêtre qui crève la pièce d’un peu de luminosité. Pour Gina c’est suffisant. Aujourd’hui la salle de bain c’est une piste de danse et elle est Beyonce. Ça se voit bien d’ailleurs. Elle est persuadée que son déhanché n’a rien à envier à Queen Bey et peu importe que les voisins se plaignent de nuisance sonore, elle chantera tout son saoul. Ah ça, saoul… Elle a encore sifflé la moitié d’une bouteille de whisky et c’est la chaleur qui lui montait aux cheveux qui l’a poussé à s’engouffrer dans la douche exactement cinq minutes avant que son colocataire forcé ne rentre du travail. Eh, quand on peut faire plaisir ! Le volume est si fort qu’elle n’entend pas qu’il frappe comme un forcené contre la porte. Embrumée par l’alcool, enveloppée dans les vapeurs, l’eau chaude la réconforte. Dans un autre monde, un autre lieu, un autre soir, elle est la reine de la nuit. Elle ressemble à ces filles qui savent tenir plus de trente minutes sur des talons. A ces muses désabusées qui inspirent les chansons de compositeurs torturés. A celles qui n’ont qu’à se soucier de la tenue de leur rouge à lèvres, leurs moues revêches accrochées de guingois à leurs museaux poudrés. Ouais, dans un autre monde elle sait être comme ça. Puis l’eau se refroidit brutalement, la lumière s’éteint, la musique se tait, les cris retentissent. A elle parce que c’est froid. A lui parce que bordel de merde est-ce qu’elle peut bouger son cul de la salle de bain avant d’utiliser toute l’eau chaude et qu’il y en a qui bosse ici !

Gina manque de s’arracher les cheveux. Mais sérieux ? Elle l’avait vraiment entendu grommeler dans sa barbe qu’il allait la foutre dehors ? Franchement pour qui il se prenait ? Clairement il était bien content de retrouver un chauffage qui fonctionne et une maison propre de temps en temps. Elle s’indigne toute seule, pas foutue de se rendre compte de l’ironie. D’accord, la dernière fois qu’elle a fait à manger, elle a failli tout faire cramer. Et ça lui arrive de l’obliger à dormir sur le canapé parce qu’elle a décidé d’investir le lit. Et elle a sifflé sa réserve d’alcool. Mais il n’a pas le sens des proportions. Jean-Michel Demi-Mesure ! Elle grogne à son tour, Gina. En battant le pavé, emmitouflée dans un pull en laine pour se battre contre le froid de la sortie de l’hiver. La prochaine fois elle utilisera toute l’eau chaude. Et elle fera cramer le repas. Et elle mettra des miettes sur le tapis du salon. Les mains rentrées dans les poches, elle manque de rentrer dans une jeune femme pressée. Mais elle hausse les épaules et continue son chemin parce qu’elle a pas le temps et surtout qu’elle pas envie de l’avoir. Elle est redescendue de son petit nuage de vapeur humide et tout ce qu’elle cherche c’est le réconfort d’une bonne bouteille dans un endroit où on la laissera tranquille. Les humains c’est carrément nul. D'abord, ça vit. Et c’est à peu près tout et déjà amplement suffisant. Alors quand la devanture d’un bar qui ne semble pas trop fréquenté se présente, elle n’hésite pas. Le nez légèrement rougit par le froid, elle entre dans l’établissement et s’assoit au bar, le plus loin possible de tout être humain. « Un Jack on the rocks. » Le barman hausse un sourcil, analyse l’accent, hoche la tête, fait peu attention à elle. Ça lui convient, tant qu’il revient avec sa commande. Si le bar n’est pas vide, l’ambiance y est clémente ; peu de brouhaha, un peu de musique, personne ne vient empiéter l’espace des buveurs solitaires. Et la chaleur de l’alcool. La porte tinte peut-être une ou deux fois, laisse entrer le froid. Ce soir ce sera elle et son verre.  
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Arrivé(e) le : 20/02/2017
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Re: it's shit o'clock \ cleante
Dim 26 Mar - 12:50


Tic, toc, le claquement de l'horloge contre la nuit. A cette heure-là, Vérone ne dort pas, pas encore, elle est entre le rêve de certains et le sommeil d'autres. Il y a longtemps que j'aurais dû rejoindre l'une de ces deux cases, mais l'envie m'assiège. Celle de sortir, de visser mes yeux sur les passants du soir, comme je peux le faire quand le soleil les éblouit de temps à autre. Les âmes se révèlent, une fois privées de lumières diurnes. Les réverbères les reflètent contre les murs sombres, découpant les ombres comme tout autant de monstres sous le lit. Je les aime bien, les humains du soir. Ils s'évertuent à cacher leur peur. Ce sont de braves héros, qui, armés de lueurs artificielles, affrontent les ténèbres.
Nous ne sommes pas des créatures nocturnes. Mais nous nous évertuons, car on le sait, malgré tout, que le plus beau de notre monde reste l'aube à contempler.

La Citadella n'échappe pas au ballet des allées et venues. Les ombres la peuplent tout autant qu'ailleurs. Ce sont les bars du coin qui accueillent les égarés, un peu comme moi, qui a déserté l'atelier pour m'échapper dans l'air de l'hiver.

Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, je n'ai pas le cœur à créer.
Il y avait longtemps que ça n'avait pas résonné creux dans ma mécanique.
Il y des visages, non, un visage, qui se grave dans mes circuits, qui chamboule mes processus d'imaginaire, qui programme une autre manière de voir les autres. Il débloque des idées, celle que j'avais enfermées, loin, celles dont j'avais cassé le verrou pour éviter que quiconque n'y touche. Personne n'en avait le droit, et lui, il s'est attribué ce mérite, comme un voleur. Un voleur de cœur. Du mien, ce qu'il en reste réside au creux de sa main. J'ai joué à Pandore en scellant ma culpabilité si profondément que je l'avais oubliée. Mais revoir Lucio Moretti m'a ramené si loin qu'il est impossible de revenir. La stase est terminée, peut-être que les mensonges aussi. Sous couverts d'autres, il pourra en extirper la vérité.
Les yeux au plus profond de mon shot de vodka, je me demande s'il choisira de m'aimer ou de me haïr. L'un ou l'autre importe peu, j'imagine. Tant qu'il ne m'oublie pas.
C'est pire que tout, l'indifférence.

La porte tinte et mes pensées sont extirpées. Assis au comptoir, je regarde la nouvelle venue qui s'y place, à l'autre bout. Nous sommes peu, ce soir, à méditer dans ce lieu de culte moderne. Nous n'avons partagé nos problèmes avec personne, c'est le silence qui règne, impérial, somptueux, simplement accompagné d'un fond musical propre aux années soixante-dix.
Pourtant. Un sourire étiolé s'esquisse sur la glaise de mon visage. Je la regarde, cette nouvelle venue. Jeune, jolie. L'accent d'ailleurs a raisonné dans toute la pièce, venant se coller à mes oreilles. Tout comme la commande de whisky. Elle ne semble pas née à Vérone. Peut-être vient-elle même d'y arriver. Dans ce cas... On se demanderait presque d'où vient son envie de se mêler à ses ombres.

« Vous avez raison. »
, que je lui lance, depuis ma place. Trois tabourets nous séparent, mais ce n'est pas ça qui me fait peur. « En plus, celui qu'on sert ici, c'est le meilleur en ville. Mais c'est pas difficile. Dans certains bars du coin... on se demande avec quoi ils remplissent leurs bouteilles. »

Le shot entre mes doigts, le courage glisse le long de ma gorge. Je dois en être au troisième. Le bar plane déjà, ou peut-être que c'est seulement moi, je ne sais pas. Je tatônne doucement mon ami l'Ivresse, elle m'a houspillé l'autre soir, me hurlant dessus. Il paraît que je ne la vois plus autant qu'avant, que je la délaisse. Cette nuit, c'est notre nuit.

« Vous venez souvent ? Je ne suis pas sûr de vous avoir déjà aperçue ici... Après... je peux me tromper. J'oublie vite les visages. »

J'oscille entre le monologue et le dialogue. Cette jeune femme peut me rembarrer si l'envie lui prend. Je ne souhaite rien de spécial, juste parler, encore, c'est devenu si rare de nos jours. C'aurait pu être comme une autre personne, ç'aurait pu même être l'un de ces trois tabourets, mais non. L'envie réside encore au fond de moi, l'envie de me libérer du poids de mes mensonges. Ce soir, je ne blesserai personne, surtout pas Lucio, l'homme que j'ai aimé tant de temps. Mes paroles voleront dans l'air sans conséquences.
Le regard rivé vers mon verre vide, je partage toujours mes mots avec ma voisine, sans pour autant la regarder.

« Mais le vôtre, je m'en serai souvenu. »

C'est déjà nébuleux, dans ma tête.
it's shit o'clock \ cleante
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