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100% done / manuele
Mar 7 Fév - 17:37


- (...) oui non écoutez, j'en sais rien. (...) minjae park ouais c'est ça, j'comprends rien à ce qu'il raconte, il a pointé votre numéro, et m'a fait comprendre que vous étiez son tuteur. (...) ouais, ouais, non écoutez j'veux pas paraître pour un tyran, mais si vous v'nez pas faut que j'appelle les flics. y m'fait un peu pitié votre asiat' là ! (...) merci, oui.
le cul vissé sur la chaise, andrea le fixe. andrea dit rien, rien en sa langue en tout cas. parce qu'andrea a paniqué, complètement paniqué. jusqu'à avoir des idées un peu folles, jusqu'à taper la causette en coréen, faire la mine déconfite, se sentir rougir de honte en essayant de comprendre ce que le trentenaire d'en face lui dit. il lui aurait bien fait une danse, ou un petit jeu de charme. mais ç'aurait pas marché, ç'aurait pas pu, rien qu'à voir son alliance et les photos partout dans ce bureau - en matière d'hommes mariés, andrea, il a assez donné. doigts qui s'entrelacent entre eux, sur le bureau est posé le butin volé. des recharges de polaroids. il aurait pas pu faire plus cliché du bridé. ça le fait rire. ils ont essayé de communiquer, et si le plus jeune pigeait ce qu'il disait, il faisait la sourde oreille. avait pu lui marmonner son faux prénom, son faux nom, et sa fausse situation d'étranger sous tutelle. au moins c'était clair, c'était net. alors le type il avait eu pitié, il avait appelé le numéro demandé. au bout du fil, ça a répondu, ça lui enlève un poids sur les épaules. même si là, là, andrea il a envie d'hurler de rire. de son coréen, il en a retenu que des basiques, du reste il a fait que lui répéter le plus platement possible, une comptine que sa mère lui chantonnait étant gosse, une présentation rapide, des politesses. rien de plus. y'a pas de traducteur pour le faire fauter. y'a personne pour le démasquer. sauf. sauf. le sauveur qui devrait pas tarder à débarquer, quelques minutes tout au plus. parce que ça fait déjà une semaine. une semaine depuis.
depuis le retour.
le retour en arrière, le calage complet, le pétillement encore vivant et un peu mort aussi. lèvre pincée, il étale ses jambes de tout son long, pianotant distraitement sur son propre sac qu'il garde sur ses genoux. il redoute pas. il a plus peur. il a plus la force de ça. il se dit juste qu'il prendra comme ça vient. en attendant, le supérieur qui l'a chopé en plein flagrant délit le fixe un peu curieux. il a envie de parler. il y arrivera pas. parce que minjae park il percute à peine l'italien. sourire timide d'un soumis en plein craquage émotionnel, il inspire profondément. en général, plus petit, il se faisait pas choper andrea. c'était une flèche, c'était un putain de coup de tonnerre qui faisait criser les vieux cons, qui rendait les peaux de vaches complètement barges. il était sans foi ni loi, ou du moins il aimait se dire ça, qu'il était un bandit de chemin. et c'est moche de se dire que ça a une fin, que le talent patte de velours c'est pas pour toujours. dix minutes. vingt minutes. la porte s'ouvre.
- ah, vous voilà !
capitaine obvious en action. manuele dans sa grandeur, de tout son long, à la lumière du jour, les sourcils froncés. pas vraiment essoufflé. il le regarde droit dans les yeux andrea, les lèvres étirées au possible. soit il va l'étouffer, soit lui couper la tête en pleine place publique. dans tous les cas. il va le trucider. ça se voit. et pourtant ça lui permet de zapper, d'effacer un peu l'ardoise. sans doute qu'il aime le foutre dans des extrêmes, qu'il aime l'embarquer dans ses galères. ç'aura pas de fin.
c'est juré.

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Re: 100% done / manuele
Mer 8 Fév - 1:06


votre asiat’.
comme s’il avait mon nom tatoué sur le cul. avec le signe de l'infini sinon c’est moins drôle. fin’ je veux dire, c’est quoi ces conneries. encore? on peut pas dire que j’étais très occupé mais quand même. j’suis pas à sa disposition. il le sait très bien. il est en train d’me tester, c’est vraiment un gros gamin. il me pète les couilles. je rassemble tous les dossiers que j’ai sous la main pour les planquer dans un tiroir avec d’autres dossiers que j’avais déjà oubliés là la dernière fois. la honte. clef dans la serrure. planque derrière la machine à café. j’prends même les escaliers plutôt que l'ascenseur pour pas me faire gauler. au pire des cas. faut pas se leurrer. j’ai l’habitude. je prétendrai la pause clope. j’ai aussi un tas d’histoires rocambolesques à raconter. juste au cas où. je suis prévoyant dans l’évasion. j’arrive à croire que j’me déplace pour sa tronche. j’ai évité les flics avec mes gamins mais non, c’était pas suffisant. faut que je fréquente un gosse trois fois plus con que moi. c’était pas évident à trouver à la base. déjà.
je gare la voiture sur le parking, possiblement le plus loin de l’entrée à cause des réductions sur. sur j’sais pas. on s’en branle mais il y a du monde et moi, ça me gonfle déjà de mettre les pieds là-dedans pour jouer les ‘tuteurs’. il se croit invincible avec sa gueule de jaune mais il va vite redescendre. puis, tuteur de qui? d’un enfant de vingt-six ans? putain quoi, merde. j’pouvais pas faire la sourde oreille: le mec voulait appeler les flics. j’allais pas laisser andrea en chien non plus - même si c’est pas l’envie qui me manquait tout à l’heure. quoique maintenant aussi, à la rigueur. j’bombe pas le torse mais j’avoue, j’roule volontiers des épaules. histoire de pas faire le mec impressionné. j’vais pas m’éterniser ici cinquante ans à faire le supposé presque daron. on va se casser vite fait bien fait. j’demande mon chemin à trois employés différents. toque finalement à la porte, désabusé. ouvre sans m’annoncer. visiblement, j’étais très attendu. instinctivement, je regarde andrea, forcément. et après c’est moi l’aimant à emmerdes. on se fout de moi. ça fait qu’une semaine. une semaine pour déjà me foutre sur les nerfs. je lui lance un large sourire, le sourire qui veut clairement dire dans mon jargon: ‘je vais te niquer’.
l’objet du délit: des recharges de polaroïds. j’dis rien mais vraiment, ça fait un peu beaucoup pitié d’se faire choper pour ça et de risquer un aller-retour chez les flics. je lève les yeux au ciel, instinctivement. passe une main devant ma bouche. je réfléchis. avec tout le respect que je vous dois, je pense que le mieux qu’on puisse faire, ici, c’est que je vous règle ceci. qu’on puisse tous repartir vaquer à nos occupations respectives. je m’installe sur le siège. juste à côté d’andrea. j’le regarde pas. je vais m’énerver tout seul sinon. j’arrive pas à concevoir qu’après une semaine seulement, il puisse me faire un coup tordu pareil. il se fout de ma gueule. y a rien à dire de plus. je pose une main sur son épaule, feignant l’affection. la compassion. ébouriffant ses cheveux à la même occasion. je suis vraiment désolé s’il vous a fait du tort. c’est pas un mauvais garçon habituellement. il est juste un petit peu limité. et quand je dis limité, je ne parle pas de la barrière de la langue vous voyez? mains jointes. je fais semblant d’être préoccupé par la situation. comme j’ai quand même trois gosses, je suis particulièrement fort à ce jeu. c’est plus facile.
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Re: 100% done / manuele
Mer 8 Fév - 13:23


le tout.
le tout c'est de pas sortir. de pas sortir de la peau du personnage, de bien s'en imprégner, de tellement le faire que tout le reste se laisse de côté, s'oublie dans un coin quitte à ce que ça pourrisse. le tout, c'est pas que de parler. c'est d'allier les gestes aussi, les mimiques faciales qui font toute la différence. le tout, c'est de trouver un bon partenaire sur qui rebondir quand c'est possible. il l'a trouvé. il réagit de la façon parfaitement attendue, avec ce grand sourire digne d'une publicité pour dentifrice. à croire que c'est pas complètement humain d'avoir des dents aussi blanches. n'empêche que cette tirade, elle veut tout dire. il va prendre cher, tellement cher que même sa descendance s'en souviendra, que même ses ancêtres en pleureront de désespoir dans leurs tombes. ça vaut le coup. c'est pas anodin, c'est pas rien. c'est pas le hasard, c'est d'utilité évidemment. tout en permettant de passer à autre chose. d'arracher la page, de la brûler, quitte à marcher sur une pente bien glissante. quitte à ce qu'andrea se vautre durant sa plus belle entrée. et le mec, le mec en entendant la parole du dénommé tuteur, il tire une légère moue. il fixe la face bridée, le jauge. le juge, par la même occasion. il joue nerveusement avec un stylo à bille, rentrer, sortir, rentrer sortir. soupir.
- bon écoutez... laissez, c'est pas grave. tronche bien confiante, il veut avoir le rôle du bon gars qui fout pas les attardés derrière les barreaux. juste bah, expliquez-lui qu'on le surveillera à l'avenir. tant qu'on récupère le matos... rapidement, les recharges disparaissent sous son bureau.
andrea garde cette mine.
garde la mine rayonnante qui fait pousser tout sale nuage, il se donne un genre, il s'invente des histoires qui existent pas. c'est pas grave, ça donne un peu de saveur aux horreurs qui découlent de choix pourris. haussement d'épaules. le supérieur les invite à se tirer, poliment. l'étudiant garde sa face un peu béat, un peu à côté de ses pompes aussi. qu'on le traite d'autiste, c'est pas la fin du monde, si ça peut lui sauver le cul d'une savonnette en taule, c'est déjà ça. petite courbette bien naze pour tirer dans un stéréotype purement asiatique, il reste proche de l'autre. l'autre qui garde toute sa fureur. l'autre qui va. qui va. il va quoi ? il en sait trop rien. dans tous les cas, il se permet pas de papoter à l'intérieur du magasin. il attend d'être dehors, quelques mètres plus loin.
- avant que tu m'dises d'aller m'faire troncher par une armée d'nazis, cher oppa, j'ai trois choses à dire. grincement de dents. sac en bandoulière bien calé sur son épaule, il glisse une main hasardeuse dans la poche de son manteau brun. il est mieux sous les vrais rayons, manuele, ça permet de décerner ces détails, de capter là où ça creuse, là où ça fatigue. un : j'lui ai fait une demande en mariage au moins trois fois, j'me suis pris un vent monumental. mon coeur saigne encore, et ah, ah. j'sais pas comment je vais m'en remettre. le timbre posé. comme si c'était banal. comme si. comme si ça faisait partie d'un quotidien déjà établi. comme si manuele allait le sauver à chaque fois. le sauver tout court. le sortir de là, là, ça, qui le dévore - un monstre de solitude. deux : quel talent. non vraiment tu m'as fait une putain de performance, j'suis... ah wow. la patte dans les ch'veux, j'aurais pu en avoir les larmes aux yeux. j'me suis sentie comme... ah, touché par la grâce. rictus taquin, malin, chafouin. il fait un pas. bien devant lui. un peu comme y'a une semaine, le coeur défoncé en moins. droit dans les prunelles, sinon ça gâche tout. trois : merci. tu r'marqueras que j'fais énormément d'efforts pour t'proposer des entrevues totalement inédites. mais merci, juste merci. j'aurais vraiment été dans la merde, et j'suis pas prêt à m'faire dézinguer entre quatre murs. il hésite. il regarde. il analyse. étrangement, c'est pas lui qui le rend plus con. manuele il freine un peu ses ardeurs, il apaise ses déclins, ses tares les plus violentes. ou il les empire. j'attends ta sentence. il joint ses doigts dans son dos. il fait pas gaffe aux gens autour, ni à la rue passante. il se concentre. il le défie peut-être. il le défie sans doute. il le défie c'est certain. c'est toujours mieux de se détruire à deux, à petite dose. la mèche, l'allumette.
boom.

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Jeu 9 Fév - 19:17


le petit poignard,
désigné, lame saignante. dents creusés. le blabla habituel. le blabla habituel, sans doute, de monsieur le directeur derrière son bureau tout propret. heureusement que j’me suis pas pressé plus que ça. l’entretien aura duré même pas vingt minutes. j’ai pas du tout l’impression de perdre mon temps dans ce supermarché. non, non, du tout. main sur la tempe, l’ennui, le ‘oui, je comprends, tout à fait’ le mensonge. c’était pas le coup du siècle, c’était même pas enivrant. c’était pas spécialement drôle non plus. c’était la pire supercherie du monde. sourire de représentant commercial, poignée de main de circonstance.
y a un éclair dans le regard, un fusil à pompe. canon scié.
j’ai pas apprécié qu’il me traîne jusqu’ici comme son pantin. j’pouvais même pas refuser. me raviser. lui dire cordialement d’aller se faire foutre à andrea. non, j’ai dû enfiler ma cape et mes collants pour lui sauver les miches. il me fout les nerfs. il me fout les nerfs à fanfaronner comme si c’était. j’sais pas. normal. c’est pas normal. le pas est rapide. plus rapide qu’un tir à la carabine. comme si j’pouvais l’esquive. l’abandonner dans le rayon pokémon de la grande surface. le troquer contre une sauce soja. j’regarde pas vraiment au-dessus de mon épaule pour voir si andrea m’suit. je suppose qu’il est trop fier de son coup, qu’il fermera pas sa grande gueule bien longtemps. non, il cherche à s’faire mousser. faut pas être devin, pas besoin de formuler une prophétie à vingt balles pour le comprendre. c’est andrea. sourcils froncés du type qui comprend pas, sûrement qu’il veut pas comprendre non plus. c’est comme s’il voulait remplir toutes les conditions pour que je foute le camp.
au-dehors, le soleil est à son zénith, un zénith un peu froid. un zénith qui te fait sortir par du 5°c avec une pauvre chemise sur le dos. j’me retiens de claquer des dents. j’me retiens de tout un tas de choses d’ailleurs. j’fais pas attention à andrea, je tente surtout d’me repérer, d’me souvenir d'la lettre de l’allée. J, S, K. de là où j’me suis garé un peu plus tôt. mais j’étais trop vénère. donc, forcément, je crois savoir, - mais j’sais plus. je l’écoute d’une oreille inattentive, il me jette des fleurs en croyant que ça va suffire à faire passer la pilule. il est quand même super méga crédule andrea, s’il pense s’en sortir avec une pirouette et les honneurs. il risque d’être fortement déçu. - ta grâce elle peut s’faire siphonner le cul à la savonnette. j’te jure, j’en ai rien à foutre. tu méritais juste que j’appelle moi-même les flics pour te la foutre bien profond. j’le pense qu’à moitié, mais quand même, son petit rictus me donne des envies de meurtres. il devrait le savoir: on allume pas un feu quand il y a une fuite de gaz.
- tu penses vraiment qu’à ta gueule, putain. j’sais pas si t’es au courant mais j’ai une vie. j’suis pas à ta disposition. et j’me suis pas pointé y a une semaine pour récupérer un quatrième gosse non plus. je détourne le regard, observe les passants. je vais pas non plus faire une scène à un gamin devant tout le monde. j’ai encore un peu de dignité. mais quand même. tu me les brises comme c’est pas croyable. j’me fraie un chemin entre les véhicules sans cacher ma déception. m’avance vers une voiture qui se révèle ne pas être la mienne. ça m’fait vriller. ça m’fait vriller parce que j’sais plus et que j’passe doublement pour un con. je me stop. dévisage. j’sors mon portable, attrape sa main et j'plaque ça là. sans lui demander son avis. j’suis trop vieux pour ses conneries. t’sais ce qu’on va faire? tu vas me filer le numéro d’tes vieux. et j’déconne pas. j’te jure tu me refais un coup du genre, je les fais rappliquer dans l’heure. mes épaules retombent, je relâche un peu la pression. c’est pas que j’ai pas le sens de l’humour, c’est que j’ai l’impression qu’il me prend pour un con. un gros débile. le mec en chien qu’il peut balader à droite puis à gauche comme bon lui semble. j’peux pas lui dire amen, lui donner une petite sentence qui nous amuserait tous les deux. j’peux pas ignorer le fait qu’il me prenne pour son larbin.
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Re: 100% done / manuele
Jeu 9 Fév - 19:50


wow.
wow. wow. waw. rlan, pan, paf, crac. ça pète de tous les côtés, ça explose, ça fait pas feu d'artifice, ça fait vieux pétard mouillé. et sans doute qu'andrea il s'attendait pas à ça. sans doute qu'andrea il se disait que ça passerait bien, que ça le saoulerait mais que ça le ferait sourire quand même. il se disait pas. il se disait rien. il pensait pas. il pense toujours pas. puis d'un coup ça carbure, ça sature, ça laisse des grésillements sur la téloche et ça tombe comme un piano sur la face. blan. prends. tiens. ça suffit pas, alors ça continue et ça se délite, ça veut plus prendre. c'est pas faute de faire sonner le briquet, c'est pas faute d'essayer de cramer la baraque, de reprendre les formes. le fond, il est zappé. faut faire gaffe qu'à la mauvaise interprétation, qu'au jugement hâtif. quatrième gosse. quatrième gosse putain. on en est là. à se dire qu'au final ça se récupère pas. ça dégénère, c'est tout. c'était peut-être pas suffisant durant cette même semaine, c'était pas assez. fallait que ça dégouline à un moment, que le pétrole prenne partie, que ça infecte, que ça demande amputation. faut se débarrasser du morceau en trop, le faire fondre, le garder en trophée à la rigueur pour se vanter d'une quelconque victoire passée. allez quoi, ça veut plus rigoler ? ça veut plus faire le fier. ça veut plus la jouer lion sur sa colline à la con, ni jeunesse dorée qui prend ses responsabilités. allez quoi, faut prendre ses responsabilités, faut se faire pousser une paire et assumer, faut au moins la jouer grand garçon sinon c'est pas marrant. laisser aux gosses ce qui est aux gosses, et au grands ce qui est aux grands. comme si ça devait être sérieux. comme si ça devait s'illuminer d'une quelconque promesse de mariage. y'a rien. y'a que des cendres. il veut les garder andrea, il veut les contempler des fois, et se dire qu'un de ces quatre, ça reviendra quelque chose. il sait pas quoi. un truc informe, difforme, qui leur va bien. qui part, qui se latte.
là. là. là.
de suite sous ses yeux ça s'effondre, c'est plus très drôle. y'a pas de quoi dire qu'un clown a été bouffé dans la matinée, découpé en rondelles et dévoré avec un plaisir certains. mauvaises habitudes, mauvaises horreurs. c'est sans doute le mieux, le plus flagrant, le plus évident. faudrait être stupide, faudrait être un attardé pour pas piger que ça marche de cette façon. pas autrement. on apprend pas à un corbeau à bouffer seulement des fruits secs. rapaces. rapaces. foutus rapaces qui s'arrachent les viscères et qui matent les dégâts, qui se compliment des fois. rapaces. rapaces. foutus rapaces. on leur apprendra pas à faire les choses comme il faut, à se donner des cadeaux sous le sapin, à se demander la main sous un monument malade. sale. sale. sale. téléphone, crachure. le sourire disparaît, claquement de doigts, morsure de sa langue à l'intérieur. gosse. ah. gosse. ah. gosse. ah. ah. il sait pas pourquoi, il fait, c'est tout. il l'a plaqué contre la bagnole, la main tenant le portable bien calée sur le torse de manuele.
- traite-moi encore d'gosse et j'te jure que tu vas prendre cher. jouer, pas jouer. prendre, pas prendre. ça va pas se battre, ça va pas se frapper alors que tout est de sa faute. ça va pas chialer non plus. non. un jour peut-être mais pas dans un parking naze, avec des gens nazes et ce besoin irrépressible d'avoir l'attention. t'veux quoi ? qu'ils me collent une fessée ? j'vais l'répéter encore pour que ça rentre : merci. merci. PUTAIN DE. MERCI. et j'suis désolé, ok ? j'ai paniqué. au moins ça, au moins essayer de se donner une valeur autre que celui de l'emmerdeur. plus celui du poison, de celui qui demande, qui a. de celui qui veut. et qui aura. j'essaie de dédramatiser, mais d'accord. ok. pourquoi pas dans l'fond ? tu veux quoi ? que j'pleure toutes les larmes de mon foutu corps ? que j't'érige un autel ? respiration un peu cassée, respiration qui se coince dans la gorge. respiration qui. s'entasse. se. tache. la main reste là, bien calée, puis il revient glisser son portable dans la poche de son manteau. fais pas cette tête, ça m'file presque des palpitations. sec. ça s'éveille, ça se donne un genre. ça. déboîte. ça voulait faire comme si, mais si ça prend pas. alors pourquoi. pourquoi s'emmerder. provocation qui remplace les phrases bidons. provocation qui possède les artères, les bouche. cette bouche. cette foutue. bouche. manque. manque. ça reprend, ça revient, ça tire ses muscles et il reste comme ça. il veut pas bouger, plus bouger. s'en tape des regards qui se hasardent. au pire ça gueulera honteux, ce à quoi il répondra un doigt d'honneur. j'm'attendais pas à mieux, r'marque. j'suis très con hein ? ouais on va pas épiloguer quinze ans dessus. mais heh, j'ai b'soin d'toi, des fois. ou tout l'temps. ricanement de gorge, amer. on en r'vient toujours là. putain. j'm'excuse encore une fois. t'en fais c'que tu veux, tu prends, tu jettes. j'fais pas l'poids sur la balance famille. tu pourras pas m'reprocher d'avoir essayé. puis la nuque, attrapée. les ongles qui se plantent un peu. le contact. la pression sur les lèvres. le néant qui se dévide dans le rouge. mord. ça dure deux secondes, peut-être plus, peut-être moins. c'est à en prendre son pied. relâche. souffle. autant pas s'en priver, puisque c'est à croire que ce sera le dernier à marquer au point d'encre. no regrets chéri.
c'est indécent.
bordel.

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Re: 100% done / manuele
Ven 10 Fév - 4:35


c’est une danse pour épileptiques sous coke, ça rime à rien. c’est imprévisible. c’est un mauvais film d’horreur. y a ceux qui ont l’assurance de finir la nuit en vie. puis ceux qui veulent juste se donner le bon rôle. celui du héros. celui qui voudrait sauver les meubles et les pots de fleurs. le bon rôle. c’est ça le plus important: sauver les apparences. dormir la nuit. serrer sa femme fort dans ses bras. ou ne rien faire. passer la soirée devant du foot, les yeux explosés. la bière à la main. le cliché type A. le mec dans sa routine. le mec qui prétend arriver là par hasard sauf qu’il sait très bien là où il va. c’est beau, festif, coloré. c’est le rendez-vous de toutes ces pauvres tantouzes. ça se met pas tout devant, c’est trop pudique. ça donne un effet berger allemand abandonné près de l’autoroute. c’est patient, minutieux. ça suit la foule avec un sourire gêné jusqu’à la sortie. juste pour un prénom. juste pour le plaisir de tout faire péter. et maintenant c’est là, les bras ballants, à cogiter. gros demeuré. j’me désespère. j’me désespère à prendre les coups sans jamais broncher. ou presque. si être responsable c’est acquiescer sans rien dire. il est où le fun? le plaisir. la fureur. le besoin de vivre sa vie à 300km/h. y a rien à prouver, tout à dénouer. c’est juste un putain de noeud qui serre à la gorge. ça va s’refaire. ça doit s’refaire. même si j’ai un caractère de merde et les bandes aux poignets. méfiance. je tire pas avec des balles à blanc. j’ai pas le filtre, le cran de sûreté. le filet de sécurité du funambule. ça titube parce que c’est humain, ça veut croire que c’est vivant, que ça peut l’faire. ça remonte dans la poitrine comme un as de pique. c’est bien mon téléphone. ça plaque contre la voiture, ça enrage. j’peux comprendre, c’est ce que j’espérais dans le fond. un sursaut d'orgueil. qu’il me dise d’aller me faire foutre bien fort.
que d’efforts. vains. pour une mise en abîme. je lui trouverai toujours des circonstances atténuantes. à andrea. un truc pour expliquer ça, ça et ça. j’sais pas comment il s’est retrouvé sur ce piédestal, ça me dépasse. ça me vénère dans un sens. j’arrive pas à comprendre. mais. j’arrive pas à comprendre non plus le fil rouge de l’histoire. entre nous. c’est comme si quelqu’un tirait les ficelles à ma place, secrètement. on donne de quoi bouffer aux corbeaux, c’est beau. gosse. gamin. mioche. môme. mouflet. chiard. c’est ce que j’ai dit. c’est ce que j’pense. j’vais pas commencer à raturer ma pensée, j’saurais même pas comment m’y prendre. s’il veut me plaquer contre une bagnole et gueuler, qu’il le fasse. il pourra pas faire pire qu’avec le directeur. j’pensais pas en premier lieu à tes parents pour t’foutre la fessée. m’enfin. regard entendu. sourire enjôleur du parfait abruti. c’est très con.
c’est une petite lutte, intestine. ou alors c’est une guerre. de belles bannières. de beaux uniformes. des faux-semblants. moi j’peux pas lui faire un ‘rien à foutre, dégage’ même si j’en crève. andrea qui s’excuse, c’est pas tous les jours. je m’en réjouis pas pour autant mais wouah. ça me les coupe un peu. j’vais pas sauter au plafond mais c’était quand même sacrément inattendu. quasi inespéré. c’est comme ses lèvres qui viennent se plaquer. là. à peine quelques secondes. ça tente de raccrocher la laisse. de récupérer. de voir si c’est récupérable. ça attaque avec un fleuret. ça dépose le F de frustration sur ma joue, au rouge vif. j’le déteste. sourire qui casse pas trois pattes à un canard. sourire quand même. sourire qui tente de sauver les apparences. sourire qui veut pas s’avouer vaincu. moue surfaite. whatever. j’engouffre mes mains sous son manteau. j’me suis jamais senti beaucoup plus vieux malgré la différence d’âge évidente mais, voilà l’affiche, en public qui plus est: le gros pédo dégueulasse et son minet ‘pauvre gamin’ immigré. peut-être même prostitué, soyons fou! j’ai beau faire le mec, ça me blesse quand même un peu. ça défonce mon amour-propre au burin mais pas que. no regrets. tu veux pas t’excuser encore un peu? ça sonne mélodieux à mes oreilles j’crois. j’le cherche volontairement, j’fais ce qu’il attend de moi. j’ai pas la force d’le repousser alors je rentre dans son jeu. presque. je fais semblant de lui rendre la pareille. je m’approche de ses lèvres. je les frôle même pas. j'me retiens. j’me retiens très très fort. je remonte mes mains jusqu’à son torse, on peut pas dire je surjoue beaucoup l’envie. tu fais ton choix: soit tu ne parles qu’en faisant des rimes pendant une heure, soit tu rejoins la voiture à quatre pattes. et peuchère parce que j'sais même pas moi-même elle est où.
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Re: 100% done / manuele
Lun 13 Fév - 22:37


ça a l'air.
ça a l'air tout à fait bien, tout à fait sain même. ça a l'air, d'apparence, parfaitement normal. style duo qui se dispute, style couple qui s'en met plein la gueule avant de sauvagement s'en remettre au pieu. style deux grands garçons qui savent comment s'apitoyer, se rabibocher. dans le fond. dans le fond, le vrai, le noir si noir que même les bougies veulent plus s'allumer, dans le fond ; ça vaut rien de tout ça. y'a que du moche. y'a que des envies de. de massacrer. de le massacrer. d'exploser sa belle gueule contre le bitume, de lui montrer à quel point ça a pu faire mal. à quel point ça le fait encore. à quel point y'a pas moyen de tout récupérer, de tout changer. que ce sera comme ça, pas autrement. alors andrea il se bat, avec ses petits poings ridicules, avec sa force mièvre, avec ses délires édulcorés. andrea il reste debout. andrea il fait face. il refuse de courber l'échine, pas devant manuele, pas lui offrir cette satisfaction, pas avoir un autre avis que celui de. de gamin putain. de gamin. de grand gosse qu'a rien de mieux à branler de ses journées que de choisir le crayon avec lequel il va colorier sa gueule au miroir. il veut être quelqu'un pour lui. il veut juste, exister. un peu. pas être qu'une forme qui se détache, qu'une ombre qui se passe au microscope. pas que ça. être, tout entier. être ce quelqu'un qui s'imprègne d'une place. faire, partie, à part entière. se voir dans ses foutus yeux noirs. se. percevoir. quelque chose du genre. quelque chose qui sonne pas trop dégueulasse. un peu niais peut-être. un peu vrai aussi, sans doute. tout ça il pourrait lui dire. tout ça il pourrait mettre cartes sur table, la jouer jouvencelle qu'a besoin de son pseudo-jouvenceau à deux balles. il se tait. il enfouit. il refoule.
le briser.
le. l'étouffer. le. l'avoir tout entier. c'est à peu près ça. il veut, c'est tout ce qu'il sait andrea. il le veut lui, maintenant, tout de suite, pas ailleurs, pas autrement. même si ça va se retourner sous terre. même si les foudres de zeus vont venir lui griller les neurones. même si c'est pas fait pour fonctionner gentiment - comme papa dans maman. il pince sa lèvre, il laisse faire. il apaise tout ce qui se panique, tout ce qui se déglingue en lui genre gros château de cartes qui vient de se prendre une rafale. il veut provoquer. il veut. laisser sa trace. se dire qu'il a pas été que ça, qu'un utilitaire. il écoute. il sent les mains qui se posent, qui se glissent. il sent l'envie de manuele de reprendre le dessus. faut pas qu'il retombe. faut pas qu'il fasse comme avant, ou qu'il permette un coup d'état. ce serait de quoi perdre la tête. ce serait de quoi. se faire ou défaire. ça provoque, ça frôle même pas, ça tente d'établir un contact. merde, il fait bien. ça fait imploser son foutu coeur en papier mâché.
- c'est certainement pas d'vant toi que j'vais m'foutre à quatre pattes. sourire en coin de lèvres, sourire palpable, sourire étrangement sincère. tentation morne d'un rouge écarlate. lui arracher la bouche, reprendre un foutu baiser. ça le démange. me sous-estime pas, tu risquerais d'le regretter très fort. si fort que t'en f'rais des cauchemars, genre hantise t'vois ? ricanement sec, éphémère d'une pauvre seconde ou deux à la rigueur. respirations qui se mêlent, respirations qui s'entraident à reprendre un peu de convenance, de contenance. toujours contre la bagnole. toujours contre quelque chose. quitte à prendre des dégaines sauvages. presse à nouveau, ça le dérange. ça le prend dans le fond. et il en profite. il en profite tellement que ça réchauffe ses muscles. bouffée d'air, c'est comme respirer, c'est tout pareil. en mieux.
- très cher ami, veuillez m'excuser d'une telle envolée rebellée, j'en suis conchie. grincement pas léger, murmure. haussement d'épaules, inspiration profonde. reprendre du vrai dans du faux. il le dévisage. reprend à la ligne les traits de son visage. encore. et encore. et encore. ça devient obsessionnel, ça devient maladif et très peu constructifs. mais voyez, tant qu'à partir je n'vais pas vous retenir ! qui serais-je après tout pour vous imposer telle torture ? je ne vois rien d'autre si c'n'est une belle ordure. ça vole si haut que le retour au sol risque de faire mal. il se marre. disons sans détour que j'avais en projet d'aller voir une exposition, libre à vous ô vautour de me suivre sans concession. ni confessions. il se retient de rire aux éclats. il se retient de tout laisser péter. y'a quelques regards qui se perdent sur eux. peut-être de peur que ça se termine en bagarre, ou le dégoût. ou qu'est-ce qu'il s'en branle. face contre face. on dirait deux chiens qui vont se battre pour des restes.
- deal ? à moins qu'tu veuilles pourrir dans ton bureau. j'pourrais m'excuser encore un peu, t'évites de t'dire que j'vais pleurer hein. j'sais qu'tu t'nourris des larmes de jeunes vierges effarouchées, mais de un : j'suis pas vierge. de deux : tu veux pas m'voir brailler.
plus le lâcher.
plutôt bien comme suite.

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Re: 100% done / manuele
Jeu 16 Fév - 3:32


c’est comme recevoir un crachat en pleine gueule,
quand t’as pas le recul suffisant pour riposter. pour trouver la bonne parade. je prends la touche comme elle vient. quitte à perdre le point. j’ai pas vraiment le choix que de m’assoir sur ce leadership qui traîne bien en peine nos corps inanimés sur des kilomètres. c’est pas une couronne scintillante ornée de joyaux, c’est des restes à mâcher. des os à ronger. c’est à celui qui bouffera dans la gamelle de l’autre en premier. ça toque à la porte en tambourinant, refusant toute forme d’autorité. c’est de la piquette, ça se donne de grands airs sous une appellation A.O.C. tu-me-fais-chier. j’vais pas contre-attaquer. ça serait enfoncer une porte ouverte. prendre à bras-le-corps la forme et pas le fond. c’est comme une rage de dents, c’est presque indolore au début et puis ça tape. ça tape. ça tape. ça creuse des tranchées en espérant échapper aux rafales de tirs. c’est encore bien naïf d’y croire un jour sur deux. mais pas le dimanche, on enfile pas une cravate pour être le diable le jour du seigneur. l’ordure. l’ordure qui profite de la situation. l’ordure qui raccompagne en voiture. l’ordure qui supplie pour monter. ça m’inspire rien. ni amusement. ni animosité. rien. y a juste cette caresse sur ces lèvres. ce picotement alerte d’abord; puis le manque déraisonné ensuite. ça démange déjà de faire le chemin inverse. il a déjà tout saloper andrea. ça le fera pas. ça se rabibochera pas dans la voiture. ça se branlera pas comme deux vieux routiers. rien. plutôt crever. je fronce les sourcils. j’vais pas faire la leçon, j’ai perdu l’émotion. pas de quoi plonger dans le psychodrame, pas de quoi finir à l’hospice baiser les murs. moi j’dis pas ce que je pense mais pense à chaque fois ce que j’dis.
- j’vais pas cauchemarder pour si peu. et j’te sous-estime pas non plus. t’es. t’es étrangement pas à côté de la plaque pour une fois. c’est suffisamment rare pour être apprécié.
j’me décalque de la voiture, m’avance vers lui d’un pas certain. j’compte bien récupérer le pot. le respect ça se demande pas, ça se prend. ça se gagne pas non plus. c’est pas une putain de friandise. je m’abaisse à sa hauteur, écrase mon poing contre sa poitrine sans donner le coup. dévisage. sourire ‘foutage de gueule’. murmure.
nan, t’as raison j’veux pas te voir brailler. ça briserait le pic à glace que j’ai à la place du coeur. puis, ça serait forcément d’ma faute comme t’es incapable d’assumer quoi que ce soit.
petite claque infantilisante sur la joue. c’est cadeau. je laisse ça comme ça, en friche, sans anesthésie ou tranquillisant. j’cherche pas à faire passer la pilule dans l’entonnoir. j’me contente d’hausser les épaules avec un sourire figé. s’il veut, je vais le faire: je vais le suivre. mais je vais pas rester là jusqu’à la fin des temps à enfoncer le clou. un clou ça s’rouille t’façon. mais ouais, en attendant. en attendant ça fait vampire qui draine. draine. qui trahie ses intentions en sortant les crocs inopinément. incisives plantées. ça demande à ouvrir la cage plus grand. à enlever la ceinture de sécurité dans la bagnole, sur l’autoroute. j’ai pas le sens de l’urgence moi, j’lève pas les mains en l’air pour me faire enculer. j’reprends de la hauteur sur andrea, j’ai pas l’intention de m’excuser, j’vais juste faire comme si de rien n’était. comme si c’était normal. parce que je suis aussi tordu et masochiste que lui pour rester. pour avancer avec des oeillères sans craindre la lumière. j’ai pas très bien compris l’rôle, j’dois t’plumer ou t’déplumer à la fin de la scène? teinte nez rouge pour la blague de l’année. le rire est avorté alors qu’on ferme le rideau pour éviter les pleurs. tragicomédie foireuse. je devrais me rendre compte j’ai plus seize ans. même si j’ai jamais cessé d’avoir seize ans et d’enfiler les conneries plus vite que les culs. c’est pas glorieux, le costume c’est rien. ça fait même pas illusion plus d’deux minutes si on y réfléchit. ça se bidonne encore en faisant des queues de poisson pour emmener sa fille à l’école le matin, parce que c’est en retard. c’est toujours en retard. ça enchaîne deux rencards et ça traînasse le matin. regard amusé, regard sur l’horizon. j’espère que tu m’emmènes pas à une expo chiante. si on peut pas emmerder l’monde c’est pas marrant. j’me dis qu’il faut être complètement débile pour suivre andrea dans un plan pareil. pour remettre ça au goût de jour, encore une fois. et aussi que j’vais être dans la panade demain au bureau à force de dire amen à tout ce qu’il me d’mande l’animal. normalement je devrais me montrer raisonnable et décliner, mais. mais quitte à choisir. je préfère qu’on tire à vue sur les autres. c’est plus libérateur et moins emmerdant.
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Re: 100% done / manuele
Jeu 16 Fév - 18:35


y'a que des fautifs à blâmer.
y'a que ces fautifs à blâmer. y'a pas vraiment de gagnant, pas vraiment de perdant. juste une morale de merde qui laisse derrière elle aucune leçon à tirer. la preuve en est là, ici, tout de suite et maintenant. il pourrait se barrer, recommencer un manège malsain en lui disant que ça ira pas. mais ça a l'air d'aller, alors manuele bronche pas, il fait qu'acquiescer tout en lançant ses vannes habituelles. aussi mauvaises soient-elles. aussi douteuses soient-elles. pincement de lèvre inférieure, satisfaction interne. impression de récupérer, d'avoir fait tomber l'arbre qui cache toute cette foutue forêt. se perdre dedans. s'y retrouver. les marques s'illuminent de façon tellement évidente que ça le réchauffe, que ça lui fait trépigner les nerfs en un tambour de guerre. soldat au front, c'est pas celui qui récoltera les mérites, peut-être celle d'être mort en héros, et là encore faut se poser des questions. non, il est plutôt chair à canon qui accepte cette idée qu'il finira dans la boue, la gueule explosée par un obus. il s'y fait. il est terrifié. tellement qu'il s'accroche aux bribes. tellement que peu lui suffit. alors ce peu, il le foutra dans une cage, le laissera tourner comme un lion jusqu'à son extinction.
- ouais, allez. c'pas si loin d'ici, et si j'te dis catharsis, ça t'parle ? ajoute à ceci contemporain, et ça doit faire un truc de dingue. surtout que y'a d'tout, normalement, sculpture, peinture, photographie. un bordel sans nom, gratuit bien sûr, c'est beau le partage culturel.
coup de coude pour pousser la taquinerie à son paroxysme, il sort son paquet de clopes sans attendre. y'a tout et n'importe quoi dans cette boîte en métal. y'en a qui sentent le pétrole à plein pif, d'autres qui jouent la carte mentholée, certaines qui laissent un reflet vanille. c'est une collection à deux sous, qu'il choure à des soirées. et fumeur il le devient de plus en plus, à croire que manuele le rend anxieux. ou complètement taré. il penche pour la seconde solution ; c'est la plus poétique. alors il allume, ouvre le chemin et pipe aucun mot. y se concentre sur les alentours, sur l'autour, sur la démarche de l'autre. sur le temps pas si dégueulasse. sur vérone toute entière qui se déballe sous ses pieds en un tapis rouge et gris. il a hâte. parce que ce sera très moche ou très sublime. parce que ce sera le déballage émotionnel des artistes, le déballage pour une pureté éventuelle après coup.
retomber.
retomber deux ans auparavant, ça vaut le détour. c'était la marque de fabrique, pas vraiment un point final. juste un détail qui faisait son charme. le sms envoyé à telle ou telle heure proposant de se retrouver dans une salle, d'admirer, de la boucler ou au contraire de trop l'ouvrir. débattre sur le fondement d'une oeuvre. faire la langue de vipère. le pétillement dans les iris. le fil qui s'intensifie, ce machin sans nom qui prend forme. cette, attache. pas vraiment une laisse, pas vraiment une cravate. une genre de corde qui les condamne.
le temps d'en griller une.
déjà devant, la grande porte noire qui laisse entrer et sortir, pas vraiment de monde. toute la cohue doit être dedans, à discerner les sens. à vouloir comprendre. à balancer des théories tellement folle qu'andrea sait d'avance qu'il en retirera des pépites. oeillade vers manuele, de quoi raccrocher, de quoi sous-entendre qu'ils sont mal barrés.
- prêt ou pas, ça va être fabuleux. délicatesse à revoir. les pas résonnent une fois dans le bâtiment, dans la grande exposition qui s'étale dans des couloirs. il a pas retenu son nom, il y perçoit juste l'espace grandissant. les mots qui sont imprimés sur les murs, les explications éventuelles. les blablas intempestifs qui emplissent absolument tout. ça lui file un sourire. son élément. son lieu. son grand n'importe quoi qu'il aime croquer à pleine bouche. inspiration profonde, ça va partout. le poignet, il l'enroule autour de ses doigts osseux. c'est un tic, c'est sa manie, c'est discret. il a envie de l'emmener partout, n'importe où, ici ou là-bas, là-bas ou plus loin encore. ça avance de quelques mètres, ça s'arrête, zieute une peinture. des visages qui se mélangent, des masques qui dansent ensemble. y saurait pas dire. c'est glauque.
- ça commence bien... alors, ton explication ? j'suis tout ouï. rictus félin. ça dure une seconde, peut-être deux. jusqu'à.
- et merde !
voix cristalline, voix plantée et coincée, genre gamine de cinq ans qui se découvre rebelle. écarquillement de ses yeux qui prennent la même tronche que deux planètes qui menacent de se crasher. plus loin, une marmot haute comme trois pommes, bien coiffée, blonde à souhait aux yeux tellement bleus que ça pique. à côté d'elle, sa mère. qui vire rouge. rouge tellement rouge qu'on dirait une alarme incendie, et son chignon bien remonté aide en rien. la gamine le voit qui retient un ricanement.
- et merde !
deuxième fois. coup dans le bide, y se pince la lèvre, y se retient. y veut se concentrer ailleurs. elle a été tellement bien entendue que ça s'est retourné sur son passage. elle est fière la petite, si fière que. lui. lui, ça le fout à terre. main plaquée sur sa bouche. le rire lui échappe. au départ bas, de plus en plus fort, ça monte, ça monte, il a plus vraiment honte. communicatif au point d'en attirer certains dans son filet. adorable. très con surtout. pêché mignon qui pourrait le faire crever en gloussant, il répond plus de rien et s'accroche un peu plus à manuele. la mère passe à côté, en vitesse, elle sermonne la gamine. lui. il continue.
- j'suis désol-héhé HAHA. gorge dévoilée, ça tremble tellement qu'il pourrait passer pour un épileptique. ils sont cinq idiots à prendre ça de bon coeur, dont un qui sent la fin arriver. il rit.
il rit tellement andrea que.
que ça vient jusque dans ses yeux, ça lui file les larmes. il a ses bras sur son ventre, il se tient plus à rien. y'a des regards qui se perdent sur lui, c'est même pas à cause de ses cheveux pistaches. c'est pire, bien pire. il bouge plus, ses jambes tremblent.
- j'vais mou-HAHAHA j'vais mourir, oh mon dieu.
il repart, increvable. impossible à arrêter. y se tasse dans son manteau, il tombe vers l'avant, coupe l'air qui lui traverse les poumons en serrant encore plus ses bras. ça changera des silences gênés, ça changera de toute cette populace pompeuse. ça se partage, ça s'étale. ça attendrit. et lui, en attendant, il se dit qu'il va s'évanouir dans son fou-rire.

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Re: 100% done / manuele
Sam 18 Fév - 4:01


y a pas de quoi frapper les arcs-boutants, c’est déjà suffisamment bancal comme ça. ça risquerait d’se disloquer ou d’perdre une patte à jouer à qui à la plus grosse. ça provoquerait une combustion instantanée. il restera plus rien. juste des cendres et une odeur très forte de pétrole pour les plus sceptiques. ceux qui pensent que c’est mal. ceux qu’on ignore pour s’dire que c’est pas si mal. c’était. c’est. déjà-vu qui compresse la poitrine pour en faire quelque chose de mieux. on retape pas les murs, on fout juste une tenture sympa pour cacher l’état délabré des lieux. c’est un trompe-l’oeil astucieux. ça réfute l’évidence; le mensonge est bien plus réconfortant. c’est pas comme il y a deux ans. c’est un truc sympa. pas besoin d’écrire un thème pour violonistes désabusés, virés pour une fausse note, privés de nabucco. drame. on fera des roues arrières sur la nationale parce que c’est bien plus marrant. quiétude nourrie, couleur passion. l’échappée est trop belle pour ne pas jouer les poursuivants. les survivants. vive rature-catharsis. la clôture est posée comme un putain de mur de berlin.
c’est une conne de machine à remonter l’temps. ce hall. ce sol. et cet empressement incompréhensible pour. pour des trucs incompréhensibles. ni plus ni moins que d’la branlette intellectuelle d’ailleurs. les pics se sont évanouies pour faire place aux moqueries. c’est bizarrement réconfortant de taper sur les autres. on devrait l’faire plus souvent, ça nous éviterait d’se chercher continuellement des noises avec andrea. j’écarquille les yeux plusieurs fois devant les peintures. couleurs criardes. aspect sinistre. sourires moqueurs, surtout. il suffit d’un détail. il suffit d’un ‘- et merde !’ d’une gamine un peu rebelle qui s’trouvait là par hasard, d’un éclat de rire identifiable entre mille et d’une mère qui tire la main d’la même petite, gênée et rouge de honte. j’essaie d’pas croiser le regard d’andrea pour ne pas l’imiter. j’me tourne quasiment vers le mur derrière moi la main sur la bouche, j’étouffe. mais ce rire de merde, au secours. le sourire s’étend dans un gloussement incontrôlable. j’me retiens d’pas fondre en larmes en l’écoutant s’excuser. si on peut appeler ça des excuses. faut dire qu’il est pas le seul à être plié en quatre. difficile d’pas succomber au fou rire général dans ces conditions. j’me tourne vers lui après un semblant d’accalmie, une fraction de seconde, pas plus, mais c’est déjà suffisant pour m’faire vriller de la plus belle façon qui soit. j’me retiens plus, t’façon c’est plus possible. j’en ai mal aux côtes. mais arrête bordel! je tente de l’ignorer, j’me concentre sur le deuxième groupe de visiteurs qui arrive juste en face, ils sont complète-
porca puttana troia,
je m’accroupirais presque pour me planquer derrière les honnêtes gens. même si. non. j’ai pas assez de considération pour le peu de dignité qu’il me reste. je suis déjà en train d’me casser discretos pour m’éviter le peloton d'exécution. bonsoir le traquenard. j’dis rien, je file le dos voûté pour pas m’faire repérer. j’ai carrément de quoi rivaliser avec alex des totally spies! j'attrape la manche d’andrea énergiquement, j’insiste. je lui indique implicitement que j’me tire là, tout de suite, immédiatement, sans discussion. lui, il a encore les yeux rieurs et le smile XXL, il se doute de rien. ça m’énerve de devoir le tirer de cette bulle. à croire que c’était trop beau pour être vrai. que c’était pas pour nous. sa main agrippe mon épaule déconvenue et j’sais pertinemment que j’vais être dans la merde. j’ai pas un sursaut, juste une tronche déconfite. j’ai l’impression d’me faire surprendre sous la douche par ma grand-mère et j’apprécie moyennement qu’on fasse irruption comme ça dans ma vie privée. surtout avec ce putain de sourire narquois du style ‘t’es baisé’ mélangé à un dégoût certain. c’est fou, je pensais pas te croiser ici. je pensais même que tu avais utilisé tous tes congés. enfin, visiblement j’ignore un paquet de trucs faut croire. je lâche instantanément la manche d’andrea, j’peux bien faire bonne figure cette fois-ci: je reste totalement paniqué par la situation. il y a le mot ‘tafiote’ qui revient encore et encore. et son rire gras merdique. et le bruit insupportable qu’il fait lorsqu’il boit au goulot. et le déhanché époustouflant d’andrea, au milieu des bombes, qui me laisse rêveur. les couleurs trop vives. le bruit trop fort. et tafiote. tafiote. tafiote. bien sûr qu’il a reconnu andrea, il faudrait être atteint d’alzheimer pour oublier une gueule pareille. ce connard va pas s’gêner pour raconter cette rencontre fortuite au bureau, tiens. et ça fera de beaux discours sur la tolérance. et ça prônera l’ouverture d’esprit. ça me donne la gerbe d’avance, comme ça me donne envie de lui envoyer mon poing dans sa gueule, - mais ça on va éviter. ça sera plus que gênant demain matin. j’peux pas assumer. d’ailleurs j’vois bien qu’en dépit d’ma grande gueule c’est pas si évident que ça, d’assumer. j’ai pas envie d’être dans une case plutôt qu’une autre en fonction des personnes avec qui je baise. je regarde ma montre, lève les yeux au ciel, rien qu’un instant. regard-carabine chargé. j’vois pas comment tu pourrais m’croiser ici si. j’suis à l’hôpital en train d’accompagner ma fille qui s’est cassée le bras à l’école. j’me fais pas beaucoup d’illusions sur mon petit numéro, j’sais pertinemment que les menaces et les flatteries n’y changeront rien. c’est plus une tentative désespéré qu’une manoeuvre audacieuse.
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Re: 100% done / manuele
Sam 18 Fév - 15:22


le rire, ça laisse comme.
ça laisse comme un regret, une traînée invisible qui s'étale, rend le sol glissant. c'est nostalgique. acide. ça reste dans la bouche comme de la rhubarbe arrachée à la racine, ça s'étale, ça s'entasse. et il voudrait le récupérer cet éclat, il voudrait le garder contre lui, en faire quelque chose de beaucoup mieux. mourir comme ça. disparaître en le voyant sourire autant que maintenant. c'est idyllique, un peu fatidique. très con sans doute. autant que les larmes joyeuses et asséchées sur ses joues qu'il balaie d'un mouvement de doigts. il imprime, prend la photographie dans les méandres de son crâne bousculé. ça fait presque antre sacrée, lieu où tout peut se déballer, se dévoiler sans avoir besoin de mots, de phrases trop bien tournées. de toute façon, c'est trop difficile à faire et faut laisser aux inspirés le soin de jouer les poètes. lui il se donne le droit de rêvasser en attendant, sont belles les chimères tout autour, sont sublimes. même s'il pige pas où il veut aller, jusqu'au sursaut qui le réveille brutalement. c'est pareil qu'une chute au pied du pieu, ça fait mal aux côtes, ça déglingue le cou. c'est avoir envie de sentir l'air, pas le sol. putain de gravité. froncement de sourcils. ce qui lui fait face lui plaît pas. c'est sombre. c'est une gueule trop bien taillée, trop parfaite qui se ramène, qui cause, qui fait tout. tomber. ça se relâche, ça se touche plus. faudrait qu'il fasse quelques pas, qu'il se tourne, qu'il fasse l'intéressé sur le tableau qui se dresse à sa droite. trop tard, c'est grillé. mission foutue, et ça le fait zieuter l'un, puis l'autre, puis l'un, puis l'autre.
il attend le coup qui va partir.
pas celui d'un poing bien fermé, plutôt le fusil de chasse bien chargé qui lui explosera la mâchoire, les yeux, toute la cervelle avec. il dit, il sous-entend. il fout en l'air pendant que manuele se défend. et c'est. à plus. ou peut-être que si ? froncement de sourcils, pensif. la quarantaine tout au plus, brun, coiffé en arrière façon al capone raté. et ça lui dit un truc, un coup d'oeil. ça lui revient, vaguement. il était là. il était dans ce coin du bar à se fendre la gueule, il était dans le groupe, il disait des trucs. andrea lui, il était pas là, il était dans sa transe dansante, il était exorcisé. collègue, ami, c'est trop important pour qu'il puisse sortir la carte de la provocation, même si ça le tente.
- alors, elle te plaît l'expo ? il le regarde lui. lui pas un autre. c'est pas ce cher père de famille qu'il dévisage. c'est l'autre. l'autre qu'a rien pour répliquer, qu'a tout pour se coller une étiquette sur le front : tout juste baisable, utilisable.
- j'vous permets pas de m'tutoyer.
sec. son squelette se raidit sous l'anxiété qui le possède. merde, il aurait mieux fait de rigoler encore, et encore, et encore jusqu'à s'en avaler la langue. rigoler et lui faire un doigt d'honneur, lui cracher fuck à la face et se tirer en courant comme un voleur. il a pas le droit, ce droit. de foutre en l'air tout ce que manuele a pu construire jusqu'ici.
- mais c'est qu'il mord en plus !
rire de gorge qu'échappe au type, y'a le rouge qui monte aux joues d'andrea. presque cramoisi. pas par gêne. par énervement, par fatigue, par lassitude aussi. il voudrait. ah. lui arracher la face, plaquer l'autre contre un mur, lui faire comprendre ; regarde, y'a rien à prouver, c'est comme ça, c'est tout. inspiration profonde, ses poumons recrachent des pièges à ours, ça coince. prendre, sur soi. prendre. tout prendre. c'est pas grave. se faire envoyer en l'air, être bon qu'à accueillir la connerie une seule nuit.

enfant.
gosse.
pauvre gosse.
pauvre connard d'enfoiré de con de gosse.
manuele avait raison.
- je suis pas là pour juger, tu fais ce que tu veux ! chut. qu'il se taise. qu'il arrête. ça va recommencer. ça va. putain. de toute façon, c'est pas lieu pour en parler. à demain, hein ? c'un autre genre de rire. un genre de rire qui laisse rien présager de bon. andrea ça lui file des sueurs froides, ça le fait déglutir, fixer le sol. putain. putain. putain. putain de bordel. ça fait chier. ça le fait mordre sa lèvre inférieure si fort qu'il se sent capable de se l'arracher toute entière. l'autre se tire, sans doute trop enjoué par la nouvelle. y'a de quoi se poiler, on dirait le début d'une mauvaise blague ; lui et sa danseuse. la tête vaguement baissée, inspiration profonde. il tente de faire baisser toute la chaleur qui s'est éparpillée sur sa face.
gosse.
pauvre gosse.
- on f'rait p'tête mieux d'partir, ou que j'parte. ou j'sais pas. si y'en a d'autres - ce s'ra la merde, la vraie. murmure, un temps. j'veux pas t'mettre la honte.
allez viens, on se cache. allez viens, c'est l'humiliation.

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Re: 100% done / manuele
Mar 21 Fév - 0:10


pas besoin d’attendre deux mille ans pour l’érosion. le rictus explose la cervelle sans laisser de rab. rabattant les volets. y a plus rien à voir. ça aimerait pouvoir se planquer mais ça fixe le sol sans cligner des yeux. c’est plus ou moins comme un aveu. y a plus que la mâchoire serrée qui répond, ça attaque les joues creusées dans un tic crevé. ça veut sûrement dire que j’suis hors-jeu. ça doit ressembler à ça un game over, dans la vraie vie. j’ai l’impression d’être le gibier qu’on cueille par plaisir, j’ai plus le contrôle de quoi que ce soit et c’est en train d’me faire péter une pile, intérieurement. j’intériorise ouais, c’est ça. j’ai plus la maîtrise de la situation. le matador a donné sa dem, il s’est tiré avec son beau chapeau et sa petite capote. je réalise pas l’truc, alors j’peux pas mordre comme un putain de pit. faire saigner le porc. le vider. la tête vers le bas. déchiqueter. en faire de la charpie. j’suis certain qu’il vise mon poste, il y a définitivement trop de cire dans ces cheveux. ça cherche à être irréprochable. la médaille de l’employé du mois. les rires sont retombés comme une fleur fanée. il ne reste plus qu’une trainée opaque sur un ciel fumé. de quel droit il s’permet de nettoyer ça au kärcher? j’ai pas signé un code moral, j’ai jamais prétendu être un type droit, irréprochable. un type bien, ça n’existe pas. j’suis suffisamment tire-au-flanc pour fermer ma gueule, c’est bien. pour lui adresser un sourire poli. j’ai trop honte pour me confronter à andrea. encore. encore. encore. ça sera jamais à la hauteur de mes espérances. et des siennes probablement. foutue corrosion. j’essaie d’me tirer d’ce guêpier. j’ferme les yeux quelques secondes. soupire. y a même plus de contenance à avoir. même face à andrea. désemparé ou pas. faire illusion. on ferait peut-être mieux d’arrêter les frais pour aujourd’hui et de rentrer chacun chez soi, comme il propose. lucide.
- et merde. y a les yeux qui piquent, le sourire qui s’accroche et cette intonation qui tape dans les aigus. c’est loin d’être ma meilleure imitation. ça regrette cette enfant disparue trop tôt, emmenée au détour d’un couloir par sa mère. c’était pas naturel. c’était un ‘viens, on décide de s’en foutre, viens, embrasse-moi et danse’. c’était pas. c’est rouge de honte. rouge cramoisi. furieux comme une tempête.
- j’ai peut-être pas envie que tu partes. ou simplement d’partir. et accessoirement, de donner raison à un pauvre connard du type mal baisé. même si j’ai honte et j’ai honte. j’ai trop d'orgueil pour accepter la défaite. pour pas broncher. pour dire merci et faire une courbette. mais quand même. j’peux pas nier l’évidence, lever mon majeur à tout-va. j’ai le couteau sous la gorge. j’appréhende déjà la journée de demain. en vérité, j’vais rien pouvoir faire. même si c’est sa parole contre la mienne, il aura dégainé en premier. c’est suffisant. les détails confondent la vérité. on va pas s’planquer éternellement, si? tu veux vivre dans une chambre? lui ou un autre, deux ou trois d’plus. c’est trop tard t’façon. j’te force pas à rester, j’sais bien que j’aurais dû lui foutre mon poing dans la gueule. murmure qui peine à sortir. j’voulais pas qu’il te parle comme ça. mais c’est trop tard. c’est toujours trop tard avec andrea. y a que des opportunités qui se pointent et disparaissent comme des mirages quand t’as l’malheur de toquer à la porte. un respect inconvenant et une attirance mutuelle qui aspirent les vagues pour finir éclatés contre les rochers. c’est pas à moi d’y mettre un terme, j’peux pas renouveler l’exploit. j’suis incapable de faire comme si ça n’existait pas, de vivre dans le déni. sans lui. j’en ai marre d’me faire dicter ma conduite, de m’entendre dire que c’est pas bien. j’le sais. j’vais pas boire le sang du christ pour m’faire pardonner et voguer vers le paradis. j’regarde enfin andrea après un long soupire. j’dois vraiment faire la tête d’un condamné à mort cette fois-ci, j’peux pas nier. - j’veux être avec toi, alors, reste.
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Re: 100% done / manuele
Mar 21 Fév - 12:01


laisser traîner.
laisser traîner ça mène à rien, laisse traîner ça mène à se faire couper une jambe, un bras ou tout le bas du corps. laisser traîner c'est dangereux. alors de suite, rapidement, obligatoirement, y faudrait prendre le chemin inverse, passer par la sortie et se séparer entre une route, chacun sur son trottoir, plus se regarder, plus se dévisager. se quitter. se dire au revoir. à demain peut-être. adieu pourquoi pas, même si c'est voué à l'échec, même si ce concept ça reste bien pour les bornés. ça lui va pas à lui, ça lui va tellement pas que ça ferait étrange sur sa palette d'être humain contenant traits de caractère. dire adieu, c'est triste. dire adieu c'est bon pour les cercueils, pour les guerres dont on se remet pas, pour ces drames qui marquent tout un foutu pays. eux, ils sont que deux. ils forment pas une île, pas une planète, pas une comète, ni une foutue galaxie. ils sont que deux. ils sont juste, deux. et à bien y prendre considération, andrea y capte à quel point c'est pas l'idée du siècle, à quel point c'était con. parce que faire comme si, ça lui va très bien. c'est son domaine après la peinture, c'est son délire après la sculpture et le dessin. faire comme si c'est. c'est tellement évident que ça lui saute plus aux yeux. il sait pas trop quand ça a commencé, sans doute au collège ou aux alentours du lycée alors qu'il devait tirer le mieux du plus moche. faire comme si, avec manuele, c'est pas si compliqué, ça se ressent à travers des détails tellement cons que même lui en rigole avec une genre de tendresse mièvre. et pour le coup, il est prêt à se redresser, à pas courber l'échine, à lui dire que très bien, de toute façon,
ça vaut pas,
le coup ?
le sang fait quinze tours, les mots résonnent à sa tête comme l'annonce d'un cancer. putain s'il avait pu. putain s'il avait pu il aurait réagit, il aurait fait scandale, causant le malaise de deux petites vieilles et le dégoût de quelques grands bobos hipsters. il aurait été grandiose ou aurait au moins essayé de l'être. pourtant, tout petit, il se sent de plus en plus minuscule andrea. comme s'il allait se retourner sur lui-même. comme si toute sa peau allait se fondre dans sa moelle. jusqu'à ce que ça parle.
parle.
parle si bien.
parle comme il faut.
pas trop franc, pas trop dissimulé entre deux mondes. des limbes. ça lui fait grossir des iris, froncer les sourcils à mesure que ça se fraie un chemin plus ou moins clair dans son esprit. il assimile. j'voulais pas. j'veux. y'a beaucoup de vouloir dedans. pas de déguerpir. de rester. de lui.
lui, là.
qu'est planté comme un grand crétin.
y sent tout qui, palpite, qui, crépite.
ça fait rlan, ça fait bam.
et bang aussi.
- c'est un coming-out ça ou j'me trompe ? le sourire qui prend forme, qui casse ce que l'autre a figé, ça craquèle sur ses joues avec une lenteur déconcertante. dans ses iris ça fond comme un polaroid laissé au soleil sur du bitume. et si ça avait t'nu qu'à moi... ah. t'as d'la chance d'être quelqu'un d'à peu près respectable, sinon c'respect je l'aurais harakiri ici-même dans cette galerie. genre patin de ta vie sur fond dramatique d'un connard qui se décoche la mâchoire en un gros : what ? haussement d'épaules. faire genre ça fait pas trop mal, pas si mal ou qu'il est possible d'éluder un genre de mini-traumatisme. ses bras s'étirent dans l'air, il se donne quelques centimètres en plus l'espace d'une seconde ou deux. il remet en place son sac qu'a bien trop d'années derrière lui. il peut presque se revoir le traîner comme un boulet dans les rues de vérone les premiers temps.
- tu veux que j'reste, j'veux qu'tu restes, on est sur la même longueur d'ondes. j'trouve ça plutôt beau. et j'approuve, bien sûr que j'approuve. important, assez pour que ça sorte, pour que ça se dise entre deux yeux. et si les autres écoutent c'est pas grave, ça leur donnera un peu de piment dans leur présent. alors restons. y se rapproche, lui colle un petit coup d'épaule.
- j'suis déçu de pas avoir vu l'pain dans la tronche, ç'aurait bien pu rentrer dans l'thème de la catharsis. y se marre. le rire reprend ses droits. y fait quelques pas dans le sens imposé par l'exposition. sans tes commentaires une expo' dévoile pas tout son potentiel, alors t'as intérêt à envoyer l'paquet.
autre demande, autre proposition ;
allez viens, on se tire. allez viens, on les emmerde tous,
et on se défonce, on s'enfonce,
on se fait notre purgatoire, notre paradis,
notre plus beau casse-gueule.

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Re: 100% done / manuele
Sam 25 Fév - 3:50


marche sur les clous, écharpe-toi.
au mieux, nique-toi.
y a l’épisode en rediffusion, c’est la même émission débile qui tourne dans une boucle discontinue. on n’entend plus que le tambour qui frappe là où ça fait mal. sur les plaies rougies au mercurochrome. pansement bob l’éponge à l’accroche, c’est presque anodin comme rencontre. ça fait mal que quand ça tire. ou si on appuie d’ssus. c’est logique de saigner quand le couteau chercher la tombe d’un pointu. c’est moins logique de rester, de s’éprendre, de s’étreindre. de jouer à la fois le bourreau et la victime. les coeurs vont finir par faire grève. à défaut de pouvoir lutter équitablement contre l'instinct et l’envie. ouais, en dépit de. on s’en fout. on reste là. on finira par bouffer cette maudite planète bleue. engloutir les océans. les dégueuler. parce qu’on n’aura jamais l’île déserte pour qu’on nous foute la paix à laquelle on aspire le samedi matin. y a juste le vide, la forme sur l’oreiller le soir. y avait un quelqu’un. y a juste son visage à la place du sien le lendemain. ces détails, ça fait mal que quand t’y tiens. et j’y tiens. comme à l’intégrité, ce besoin maladif d’inspirer en bien. de voir au-delà des apparences. de voir là où on détourne habituellement le r’gard. c’est ce qu’on fait. tout le temps. on ne regarde pas et on dit: c’est dégueulasse.
parce qu’on nous a dit un jour que c’était dégueulasse. alors c’est comme ça. c’est dégueulasse. c’est triste ces enfants qui raquent, c’est triste. c’est triste cette hypocrisie qui étire la peau. qui défrise. c’est ridicule. c’est mélodieux sur un seul instrument. mais moi j’veux l’orchestre entier. et foutre en l’air le maestro, jeter la baguette aux chiens. j’veux un truc qui n’a jamais existé. pas une gamme correcte pour débutants. la stratégie de l’enfumage. je perds suffisamment au change pour être capricieux. j’ai pas décidé de l’heure qu’il était pour m’faire entuber. ça doit être ça le fond du problème. le puit. c’est un puit. je pourrais m’jeter ‘dans pour voir la profondeur mais j’ai pas le cran. j’ai déjà pas le cran de répondre à un abruti. autant gommer l’affront, prétendre qu’il n’a jamais existé. ça n’ira pas mieux d’penser le contraire. on reste. on rit. - j’aime le ‘un peu près respectable’ j’apprécie. le briquet qui dérouille, sans le gaz. et le fantôme qui back up. qui récupère. qui creuse, c’est pas assez précieux pour édifier ça. ça. deux tantouzes comme dirait l’autre. j’aime bien l’silence. le moment où t’as plus besoin d’piper mot pour t’faire entendre. deux semaines. j’ai l’impression que ça fait deux ans. j’écrase ses joues. j’écrase entre l’index et le pouce, le frein. j’appuie sur l'accélérateur. et alors? je presse mes lèvres contre les siennes. et alors? j’ai pas besoin de faire le tour de l’exposition pour savoir que l’catharsis ici, c’est lui. c’est moi. c’est pour ça que c’est pas un bécot mais un baiser profond. ‘faut payer en plus pour avoir l'audioguide, tu savais pas? t’as quoi sur toi?

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