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and you haunted me long enough (camille)
Mar 31 Jan - 23:30


Il y pensait constamment, Jago. A ce contact. Électrisant, soudain. Et ça le hantait encore et encore. Il n'avait vu son regard qu'un instant, douceur enivrante dans ce visage si fin et si doux à la fois. Qu'elle était belle, cette parisienne. Tout en nuance, tout en douceur. Et son visage, Jago l'avait eu imprimé dans sa mémoire. Marqué au fer rouge par cette inconnue dont il ne connaissait rien. Dernier voyage à Paris pour un week-end et elle avait pris possession de son esprit. En quelques secondes, d'un simple contact. Elle avait disparu si vite, il en était resté stupéfait. Jamais il n'aurait pu la suivre. Jago, il s'était simplement transformé en un autre. Muet comme jamais, lui qui savait tant manier les mots. Le beau parleur venait d'être enterré sous les pavés d'une rue parisienne. Il n'aurait voulu oublié ce regard pour rien au monde. Il en avait rêvé plusieurs fois et plus encore depuis qu'il avait revu celle qui avait hanté son esprit dans ce café du Borgo di Milano. Jago, il revenait plusieurs fois par semaine dans cet endroit, simplement pour la voir. Il commandait toujours ce verre de vin, un Sorabella. Pour la tradition sans doute, il ne buvait que ce vin-ci lorsqu'il était en Italie. Vin de famille, vin qu'il serait sans doute amené à produire d'ici quelques années. Il restait assis à la même table plusieurs heures. Un paquet de copies à corriger, un cours à préparer, un livre à lire ou du papier pour griffonner. Jago, il l'observait du coin de l’œil. Par simple plaisir. La regarder, ça le rendait plus heureux. Elle avait la grâce d'une parisienne. Jago l'aurait reconnu sans le savoir tant il aimait cette ville et ses habitantes. Elle avait l'oeil vif, le sourire sincère. Camille, qu'elle s'appelait. Il l'avait entendu dans la bouche du gérant. Prénom à la française. Que ça lui allait bien. Jago, il était resté longtemps assis sur cette chaise sans bouger. Sans oser lui parler, lui rappeler ce souvenir qui avait tant marqué son dernier voyage dans la ville de lumières. Il était resté quasi-muet face à elle, encore une fois. Troublante apparition qu'elle avait été pour lui, elle chamboulait son être tout entier. Cette Camille, elle avait un petit plus sans qu'il ne sache quoi. Camille, elle avait le don de faire vriller son palpitant. Foutu coeur qui lui donnait plus de sensation qu'il n'en avait connu depuis plusieurs années. Comme un désir fou.
Il était arrivé ce jour-là, fin d'après-midi. Fin des cours. Fin d'une longue journée à parler sans relâche, à évoquer le monde et à gravir les marches des amphithéâtres. Une pile de copies à corriger l'attendait patiemment dans son sac. Une centaine d'élèves, une centaine de devoirs. Des heures durant lesquels il devrait marquer de son stylo noir ses commentaires même les plus abjects. Des heures à lire des pages noircies, pas toujours à bon escient. Des heures à parcourir les lignes fines parmi lesquels il trouverait des perles, de bonnes idées. Il savait Jago que tout ça lui prendrait du temps. L'atmosphère du bar en ces heures de fin de journée lui plaisait, la nuit quasiment tombée sur la ville et le peu de clients lui permettait de se concentrer sur son travail et sur elle. Il avait choisi la même table, la même chaise. Et c'était elle qui s'était approchée de lui, démarche fluide et aérienne. Son cœur venait de manquer un battement. « Bonsoir » qu'il avait réussi à articuler malgré lui. Son assurance naturelle avait déguerpi. Ce qu'il pouvait être con, Jago. « Comme d'habitude, un Sorabella. » Il aurait pu innover, surprendre.   Sans la perdre des yeux, il avait sorti un premier tas de copies. Pas sûr qu'il soit motivé. Il préférait continuer à la regarder.
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Re: and you haunted me long enough (camille)
Jeu 2 Fév - 19:46


and you haunted me long enough jamille

Trois semaines déjà. Trois semaines que tu avais mis tes pieds à Verone. Pour oublier. Pour vivre à nouveau. Repartir à zéro. C'était sans doute la meilleure décision que tu ais prise. Tu étais encore trop reconnaissante envers Bianca qui t'avais accueillie chez elle les bras ouvert. Tu remerciais encore Juliette de t'avoir convaincu de venir la rejoindre. Sans elles, tu serais sans doute encore à Paris. À pleurer toutes les larmes de ton corps. Comme ce matin, quand Ezio était rentré dans ta chambre sans prévenir. Un appel de ton père, qui te suppliait de rentrer. Qui te suppliait de la pardonner. Parce que malgré tout, elle était quand même ta cousine et ancienne meilleure amie. Celle qui t'as trahie, poignardée le coeur à plusieurs reprises. Il voulait que tu rentres, que tu les pardonnes de leur acte abominable. Que tu leur donne ta bénédiction même. Comment pouvais-tu? Les deux personnes les plus plus chères à ton coeur qui t'avais trahie. Il voulait que tu viennes à leur mariage aussi. Ce mariage que tu avais organisé pour vous. Tu ne pouvais pas. Tu n'avais pas pu te retenir. Tu avais voulu t'enfuir à nouveau, après cet appel. Mais Ezio avait été là. Comme ce lointain souvenir. Ce souvenir de bras qui te retenais, de ce parfum d'homme. Un souvenir trop flou pour que t'arrives à vraiment à le ressasser. Un merci et tu t'étais enfuie, sans même avoir vu son visage. Tu en regretterais presque. Mais là, Verone, ta nouvelle vie. Jusqu'à ce que tu retrouves le courage de rentrer chez toi. En attendant, tu guérissais, doucement mais sûrement.

Un sourire, un remerciement, et le client satisfait s'en allait. Un coup d'oeil discret sur le cadran accroché sur le mur. C'était bientôt ta pause. Et la porte s'ouvrit à nouveau. Un autre sourire. Soudain, le rouge aux joues. C'était lui. Tu rabaissais vite ton regard. C'était lui. Ce client qui venait sans cesse. Monsieur Sorabella. Parce qu'il commandait toujours la même marque de vin rouge - sans savoir à quel point tu avais raison. Lui, toujours assis à la même table, avec ses lives, ses blocs de feuilles. Tu te demandais bien ce qu'il faisait. Tu étais curieuse, mais tu n'avais jamais osé lui adresser la parole. Ce serait bien trop déplacé de ta part, de toute façon. Un autre regard vers lui. Tu te rendais compte qu'il t'avait manqué. Sentiment débile, alors que tu ne le connaissais même pas. Et cette joie que tu ressentais aussi. Ton coeur qui battait d'une manière incontrôlée. Un coup d'oeil à tes collègues. Ils étaient tous occupés autre part. Et intérieurement, tu dansais. Tu te dirigeais alors vers sa table pour prendre commande. « Bonsoir. » Sa voix. Masculine et faible à la fois. Elle te faisait frissonner. T'en perdrais presque l'usage de tes jambes. Tu n'avais même pas besoin de noter sa commande, ou même de le lui demander. Mais c'était ton travail. « Tout de suite monsieur. Voulez-vous aussi un accompagnement? » Parce que tu avais remarqué que parfois, il se commandait des zakouski en plus. Son regard planté dans le tien. Tu avais envie de baisser tes yeux. Parce que tu te sentais partir un peu plus à chaque qui passait. Mais ce serait impoli de ne pas le regarder alors qu'il était client. Tu avais presque envie de t'enfuir, passe ton visage sur l'eau. Un simple regard qui arrivait à te mettre dans tous tes états. Tu n'avais jamais ressenti ça. Pour un inconnu en plus. Vraiment, tu te perdais.
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Re: and you haunted me long enough (camille)
Dim 12 Fév - 14:52


Jago avait fui Vérone le temps d'un week-end, plusieurs semaines auparavant. Fuir pour mieux respirer, ailleurs que dans cette ville, ce milieu qui devenait étouffant. Jago, il voulait fuir sa femme, fuir son mariage qui prenait l'eau plus vite qu'il ne l'aurait pensé. Paris avait toujours eu des airs d’échappatoire, des airs de bonheur. Paris avait de quoi lui offrir l'air dont il avait besoin sur le moment. Avec le temps, il songeait à s'offrir un appartement avec vue sur les toits parisiens, avec une vue sur le tout Paris, sur ces lieux qu'il aimait tant. Jago, il savait qu'il finirait par acheter un bien là-bas. Sans doute qu'il attendait son divorce pour être sûre de ne pas avoir à se battre pour son achat. Il se trouverait un pied-à-terre dans sa ville de cœur. Et ce dernier voyage pour la capitale parisienne avait pris un tournant nouveau. Il en revenait avec un souvenir non matériel. Un souvenir que seul lui pouvait conserver. Camille était devenue son souvenir, comme une boule à neige que l'on ramènerait de son endroit favoris, une carte postale. Camille, elle avait des airs de photographie dans son esprit.
Dans ce café qu'il n'aurait jamais autant fréquenté s'il n'avait pas revu le visage doux et enfantin de cette jeune femme. Cette mystérieuse inconnue qu'il avait un jour croisé dans les rues de Paris. « Seulement si vous les partagez avec moi. » Il aurait tant aimé prononcer ces mots qui venaient de traverser sa pensée. Tant voulu oser l'aborder d'une telle façon. Jago, il restait pourtant trop discret face à elle, lui pourtant qui savait jouer la comédie, parler avec assurance. Son regard envoûtant faisait de lui un autre homme. Cette inconnue, Camille, elle avait quelque chose de parfaitement troublant. Quelque chose qu'il ne pourrait décrire finalement. « Je veux bien, merci. » Jago, il restait poli face à elle. Loin du naturel qui pouvait l'habiter habituellement. Il lui avait simplement souri, comme pour la remercier d'être venue le voir. Pas qu'elle l'ait réellement choisi lui. Mais s'il venait ici, ce n'était que pour elle. Que pour ce sourire, cette voix, ce regard qu'elle pouvait lui offrir. Elle s'était éloignée pour retourner à son travail. Il ne l'avait pas quitté des yeux, détaillant ses courbes sans grande discrétion. Elle virevoltait telle une plume. Douce et légère. Et son sourire ne s'était pas envolé. Presque oublié son tas de copie, presque oublié son épouse et cette alliance brûlante à son doigt, presque oublié sa longue journée. Il ne lui avait fallu que très peu de temps pour revenir avec sa commande. « Merci. » Et elle était encore repartie.
Revenue plus tard, libéré de son tablier de serveuse. Elle s'était installée non loin de lui. Quelques mètres les séparaient. Il pouvait l'observer, découvrir ses traits de plus près, découvrir chaque recoin de son visage, de ce corps frêle. Elle avait un visage fin, doux et expressif. Ses yeux pouvaient transmettre plus d'émotion que tous les mots. Camille avait tout ce qu'il pouvait apprécier chez une femme, la jeunesse en plus. Cette jeunesse qui commençait à essouffler chez lui. « Excusez-moi, je devrais pas vous demander ça. Je suis certain de vous avoir déjà vu ailleurs. Vous venez de Paris ? » Il était sûr qu'il s'agissait d'elle, il n'avait pas besoin de la confirmation. Il ne savait cependant pas comment l'aborder autrement. Comment lui rappeler qu'elle l'avait bousculé, comment lui montrer qu'elle avait perturbé son esprit et sans doute changer sa vie. Jago, il se sentait idiot. Comme un lycéen vivant sa première histoire d'amour, trop timide pour parler franchement à celle qui avait frappé son cœur de plein fouet. En tout cas, Camille avait frappé l'esprit de Jago, son esprit et son corps endormi. « Oubliez, je suis trop intrusif. » Il avait détourné son regard pour se concentrer sur ce qu'il avait à faire : boire et corriger le dernier devoir de ses élèves.

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